Colloque INRS
Bruit et vibrations au travail
Centre des Congrès Prouvé
Nancy, 9 -11 avril 2019

Compte rendu : Docteur Victoria Mora, ACMS
www.acms.asso.fr

Résumé

L’exposition prolongée des salariés au bruit et aux vibrations peut être à l’origine de pathologies susceptibles d’être reconnues en maladies professionnelles et ce, dans la plupart des pays européens.
25 % des travailleurs seraient exposés au bruit, que ce soit en milieu industriel, dans le secteur du BTP, mais aussi dans les plateformes logistiques et les bureaux ouverts…
20 % des travailleurs seraient exposés aux vibrations, que ce soit par le biais des vibrations transmises aux membres supérieurs par des engins portés ou guidés à la main, ou par les vibrations transmises à l’ensemble du corps par les engins mobiles.
Plus de 30 spécialistes de la prévention du bruit ou des vibrations ont présenté les techniques récentes pour développer des équipements moins vibrants et aménager les locaux de travail en espaces moins bruyants.

Les interventions ont porté sur :

  • le contexte de l’exposition professionnelle au bruit et aux vibrations,
  • les méthodologies d’évaluation avec des exemples d’évaluation,
  • le bruit dans le tertiaire,
  • la prévention collective du bruit,
  • les vibrations ensemble du corps,
  • les vibrations mains-bras,
  • la protection individuelle contre le bruit,
  • le suivi médical.

Une visite des laboratoires d’acoustique et de vibrations à l’INRS de Vandœuvre-lès-Nancy a complété les sessions plénières.

Les différentes thématiques des sessions plénières ont été déclinées par des orateurs, chercheurs à l’INRS, préventeurs d’entreprises et institutionnels (CRAMIF, CARSAT), fabricants et utilisateurs de matériels ainsi qu’un service inter-entreprises de santé au travail (ACMS).

Environ 200 personnes ont assisté à ce colloque : collaborateurs de services de santé au travail, préventeurs et responsables d’entreprises, CHSCT/CE/CSE, bureaux d’étude, organismes de contrôle, formateurs, cabinets de consultants et institutionnels divers.

Les différentes présentations ont permis de démontrer qu’il est possible de lutter contre le bruit et les vibrations en milieu de travail, de trouver des stratégies de lutte en établissant des priorités et en fixant des choix ainsi que des arguments pour faire bouger les entreprises utilisatrices. Les aspects économiques de la prévention ont été abordés par la CRAMIF.

Les équipements de travail, à l’origine des nuisances sonores et vibratiles (machines portatives, engins, machines industrielles), mais aussi l’environnement au travail avec conception des locaux et leurs environnements acoustiques ont été passés en revue. Il est possible de mobiliser les fabricants car ils sont de plus en plus sensibilisés aux problématiques bruit et vibrations et ils sont prêts à faire évoluer la prévention.
Ainsi, acheter « moins bruyant » et « moins vibrant » est désormais possible.
De nombreux exemples de cas concrets mis en œuvre ont été exposés : en logistique, dans le BTP (ex : changement de procédé du travail de façon à éviter d’utiliser du matériel vibrant), en agro-alimentaire.
Cependant, des informations et des problématiques nouvelles voient le jour :

  • L’importance de surveiller le 6000 Hz sur l’audiogramme réalisé chez les musiciens.
  • La remise en cause de façon plus prégnante des filtres de pondération dans les vibrations mains-bras, en particulier, pour la survenue du syndrome de Raynaud.

Certaines opportunités apportent des aides à la décision, d’autres se révèlent de fausses bonnes solutions.

Ex : Technologie du masquage sonore dans les bureaux ouverts.

L’œil du préventeur s’élargit. L’approche est moins techno-centrée et devient plus globale.
L’acoustique est désormais abordée de façon différente, non plus uniquement par les atteintes lésionnelles possibles, mais par la gêne ressentie.
On ne parle plus seulement de l’efficacité du protecteur individuel contre le bruit (PICB) mais on ajoute les notions de confort et d’inconfort qui sont indispensables à une protection efficace.
Dans les vibrations, l’analyse se fait par le biais de la mise en situation du travail réel en mettant en place des méthodes permettant une analyse conjointe des vibrations et des postures de travail.
Les problématiques rencontrées en milieu du travail, concernant le bruit et les vibrations évoluent et s’adaptent aux nouveaux environnements de travail et aux nouvelles technologies.

Les entreprises concernées par le bruit doivent s’emparer des nouvelles technologies de réduction du bruit. Quant aux vibrations, des outils connectés et des applications ont été récemment développés permettant une meilleure évaluation des expositions.

L’objectif est bien de mettre en œuvre des actions de prévention plus en phase avec les réalités actuelles des entreprises et plus pertinentes sur le terrain.

Toutes les présentations de ce colloque sont disponibles à l’adresse suivante :

www.inrs-bvt2019.fr/fr/prese...