Maintien dans l’emploi et Santé au Travail : à propos d’un cas de greffe pulmonaire

30.La greffe pulmonaire est récente

Le poumon est l’organe qui se prête le plus difficilement aux tentatives de transplantation.

La transplantation exige une grande technicité. Et le poumon est un organe particulièrement fragile qui résiste mal aux conditions de prélèvement et de conservation. Il doit être impérativement transplanté dans les 6 à 8 heures qui suivent le prélèvement. De plus, les poumons étant en contact direct avec le milieu ambiant, les infections sont une des principales complications.

Après la greffe, il faut effectuer des contrôles réguliers de la fonction pulmonaire, des bilans radiologiques et examens sanguins. Les patients doivent pratiquer régulièrement des exercices respiratoires. Quand la greffe a réussi, les personnes voient leur état s’amender notablement. En particulier, elles n’ont plus besoin d’oxygénothérapie et leur qualité de vie est nettement améliorée.

En 2011 et pour la première fois, le nombre de patients inscrits en attente d’une greffe de poumon était pratiquement identique au nombre de bénéficiaires d’une greffe pulmonaire.

La décision d’une greffe pulmonaire repose sur l’existence d’une l’insuffisance respiratoire, quelle qu’en soit l’origine. Néanmoins, trois maladies principales sont concernées : la mucoviscidose, la fibrose pulmonaire (d’origine immunologique, toxique ou médicamenteuse) et les maladies obstructives des voies aériennes dues majoritairement au tabagisme, mais aussi à la BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive) et l’emphysème.

La BPCO concerne plus d’un million de personnes en France [2], parmi lesquelles plusieurs milliers sont dépendantes d’une oxygénothérapie.
En effet, une décompensation cardiaque peut être associée, nécessitant la greffe d’un bloc « coeur-poumon ». La BPCO est une des principales causes de transplantation, mais ce n’est pas la seule.

D’autres pathologies sont concernées dont les pneumopathies infiltrantes diffuses (PID). Ces affections sont caractérisées par une augmentation du tissu pulmonaire, le plus souvent au niveau de l’interstitium, plus rarement des espaces aériens distaux. Elles forment un groupe hétérogène de maladies et représentent environ 15 % des maladies broncho-pulmonaires.
Leur évolution passe de la phase d’agression initiale avec œdème, à une phase de pneumonie interstitielle avec alvéolite, pouvant aller jusqu’à une phase de fibrose. Les PID sévères justifient alors une transplantation pulmonaire [3].

Une première greffe pulmonaire a également été réalisée en novembre 2020 chez un patient atteint de la covid-19 à l’hopital Foch [4]. Le patient, initialement pris en charge dans le service de réanimation du Pr Sébastien Préau au CHU de Lille, avait développé une forme gravissime de l’atteinte respiratoire responsable d’une destruction quasi complète de ses deux poumons.