Maintien dans l’emploi et Santé au Travail : à propos d’un cas de greffe pulmonaire

La transplantation d’organe : historique

Au IVème siècle, Saint Côme et Saint Damien auraient greffé à un sacristain atteint de gangrène, une jambe prélevée sur un cadavre.

Les Hébreux et les Égyptiens pratiquaient la greffe dans le monde végétal. Cette greffe est toujours réalisée de nos jours et consiste en la pousse d’un fragment de plante inséré dans un autre végétal.

Il faut attendre le XVIIIème siècle, sous l’impulsion des naturalistes, pour que les premières greffes chez l’animal soient réalisées chez l’hydre (animal de l’embranchement des cnidaires), puis le lombric. D’autres expériences viendront remonter la chaîne des mammifères.

Pourtant et ce jusqu’au XIXème siècle, on constate que si les autogreffes sont acceptées, les homogreffes sont toujours rejetées, sans qu’il soit possible d’expliquer cette incompatibilité.

En 1908, Alexis Carrel réussit la première auto-transplantation rénale chez le chien, avec survie prolongée de l’animal et du greffon ; ce qui lui permet d’affirmer que « sur le plan strictement chirurgical, la greffe d’un organe est devenue une réalité ». Il sera récompensé par le prix Nobel de Médecine en 1912.

Les premières greffes rénales sont alors réalisées chez l’homme mais sans succès sur le long terme. Il faudra attendre l’essor de l’immunologie pour comprendre les raisons du rejet des greffons. La découverte de l’immunité humorale par Woglom en 1933, du système HLA par Jean Dausset en 1952, de l’attaque directe du greffon par le lymphocyte par Mitchinson en 1954, de l’immunosuppression par irradiation par Main et Prehn en 1955 et surtout la découverte, en 1980, d’un tout nouvel immunosuppresseur, la ciclosporine A, pour enfin obtenir les premières greffes qui réussiront durablement.

Entre-temps, après bien des expérimentations animales et avant la première transplantation cardiaque, réalisée par Barnard en 1967, la première transplantation pulmonaire chez l’homme avait eu lieu aux États-Unis en 1963.

La législation sur la mort cérébrale au début des années 1970, de meilleurs techniques de conservation du greffon permettant un prélèvement à distance peuvent faire espérer une amélioration en termes de survie.
De 1963 à 1983, 40 transplantations pulmonaires sont réalisées avec une survie maximale de dix mois.

Le protocole d’immunosuppression fondé sur la ciclosporine et des techniques chirurgicales s’améliorant au fil du temps permettent, depuis, des transplantations pulmonaires, mais également des transplantations cœur-poumons.

Des difficultés demeurent encore. En particulier le risque de dysfonction primaire du greffon reste responsable d’une mortalité importante. Les complications bronchiques posent encore bien des problèmes thérapeutiques ainsi que le rejet chronique ou le syndrome de bronchiolite oblitérante [1].