Et si le maintien dans l’emploi
contribuait à faire évoluer l’entreprise

Dans quel contexte évoluent les services de santé au travail en 2019 ?

La Stratégie Nationale de Santé 2018-2022 définie par le Gouvernement (Décret n°2017-1866 du 29-12-2017) constitue le cadre de la politique de santé en France. Elle réaffirme le principe porté par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), selon lequel la santé doit être un objectif de toutes les politiques publiques menées en France et dans le monde.
Elle est définie en 4 axes et déclinée en 43 objectifs nationaux dans lesquels la santé au travail apparaît, soit de façon implicite, soit de façon explicite. Entre autres, sont cités : « la promotion de la santé au travail et de la culture de prévention dans les milieux professionnels et la réduction de la fréquence et de la sévérité des pathologies liées aux conditions de travail » [1], ainsi que « la prévention de la désinsertion professionnelle et sociale » [2] et ce document entérine notamment que l’un des défis de notre système de santé concerne la prise en charge des maladies chroniques.
Ces orientations ont vocation à être reprises dans le prochain Plan National Santé Travail (PNST) qui sera lui-même décliné en Plans Régionaux Santé au Travail (PRST). Ceux-ci constituent le point de convergence d’actions de prévention portées par les acteurs régionaux et notamment aux moyens de Contrats Pluriannuels d’Objectifs et de Moyens (CPOM) liant la DIRECCTE, la CRAMIF (en Île-de-France) et les services de santé au travail interentreprises de la région.
L’axe prioritaire du CPOM est la prévention de la désinsertion professionnelle.

C’est dans ce contexte que le premier ministre a commandé un rapport sur la Santé au Travail auprès de la mission dite « Lecocq ». Les conclusions ont été rendues le 28 août 2018 et doivent être le support d’une note de cadrage pour un prochain texte de loi prévu fin 2019. (NDLR : non encore paru à la date de publication de cet article)

Pour rappel, la mission de la santé au travail : « Éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail » a été précisée dans la loi du 20 juillet 2011 et ses décrets d’application du 30 janvier 2012, en demandant de conduire des actions de santé au travail tout au long du parcours professionnel des salariés, de conseiller les employeurs, les salariés et leurs représentants (...), de prévenir la pénibilité au travail et la désinsertion professionnelle, de contribuer au maintien dans l’emploi.

Notre service, déployé sur l’Île-de-France, prend en charge le suivi de 80 000 établissements de secteurs d’activité variés, employant plus d’un million de salariés. Pour ce faire, nous sommes organisés en équipes pluridisciplinaires dans 46 secteurs. Animées et coordonnées par le médecin du travail, elles se composent de différents professionnels : ergonomes, infirmiers en santé au travail, ingénieurs, techniciens hygiène sécurité environnement, assistants en santé travail, psychologues du travail... complétées d’assistants sociaux.


[1] ) Axe 1-2 page 23 – Stratégie Nationale de Santé 2018-2022

[2] ) Axe 2-1 page 38 – Stratégie Nationale de Santé 2018-2022