Évaluation des risques liés à la manutention manuelle et aux gestes répétitifs dans une pharmacie hospitalière de la région Auvergne-Rhône-Alpes

Introduction

Dans tous les métiers, les travailleurs peuvent être exposés à une multitude de risques d’ordre psycho-social, chimique, biologique, physique et ergonomique. Chaque type de risque peut engendrer des accidents du travail (AT), des maladies professionnelles (MP) et une usure prématurée au travail avec de graves conséquences sur la sécurité et la santé des travailleurs. Aujourd’hui encore, un grand nombre d’accidents du travail (AT) et de maladies professionnelles (MP) surviennent en France durant le travail. Chaque jour, 170 AT entraînent une incapacité permanente ou un décès et environ 80 personnes sont reconnues atteintes d’une maladie professionnelle [1].

De nombreux travailleurs seuls ou en équipe sont confrontés à des efforts physiques parfois intenses, tels que le port ou le déplacement de charges, appelés communément manutention manuelle. Selon l’article R4541-2 du code du Travail, la manutention manuelle des charges désigne « toute opération de transport ou de soutien d’une charge, par un ou plusieurs travailleurs dont le levage, la pose, la poussée, la traction, le port ou le déplacement d’une charge. La charge peut être animée (une personne ou un animal) ou inanimée (un objet)[5] ».
Les risques liés à la manutention manuelle sont les principales causes des AT (un accident sur trois) et MP (3/4 des troubles musculosquelettiques reconnus en France-TMS) [2]. En France, 167 000 AT en 2015 ont eu pour motif une lombalgie, soit près de 20 % du nombre total des accidents du travail (25 % si on considère les accidents avec arrêt indemnisé) [3]. Les accidents liés à la manutention constituent une fraction croissante des accidents du travail. La manutention manuelle du fait de ses caractéristiques ou de conditions ergonomiques défavorables a des répercussions sur le dos, les membres inférieurs ou les extrémités mais induit également un vieillissement progressif des structures ostéo-articulaires et de la fatigue. Les deux-tiers des troubles musculosquelettiques (TMS) se retrouvent chez les hommes qui effectuent un travail manuel.

La manutention manuelle est largement répandue en milieu de travail. Ce risque est très présent dans plusieurs secteurs des établissements de santé. Comme l’indique une étude de la DARES ANALYSES (ministère du Travail), un tiers des salariés des domaines « enseignement, santé, information, autres » sont exposés aux facteurs de pénibilité, mais il s’agit essentiellement de ceux qui travaillent dans les secteurs de la santé ; ainsi 12,3% des salariés des activités dévolues à la santé humaine sont exposés à la manutention manuelle de charges lourdes [4]. C’est ce qui a conduit à nous intéresser, aux pharmacies à usage intérieur communément appelées PUI.

Les PUI des établissements de santé publique, au nombre de 1070 en France ont des missions qui leur sont propres, obligatoires et soumises à autorisation. Ce secteur regroupe un grand nombre d’entités de travail, parmi lesquelles la gestion, l’approvisionnement, le stockage, la dispensation des médicaments et des produits de santé. Ces activités exigent une manutention de charges (caisses, cartons, bacs, rolls, palettes…) avec une pénibilité variable selon les postes, et qui, supportée de manière répétitive, est responsable de diverses nuisances.
Afin de prévenir ces risques en proposant des mesures de prévention adaptées, nous avons évalué les risques liés à la manutention manuelle et aux gestes répétitifs et identifié les postes les plus pénibles à la pharmacie d’un hôpital de la région Auvergne-Rhône-Alpes.