Évaluation des risques liés à la manutention manuelle et aux gestes répétitifs dans une pharmacie hospitalière de la région Auvergne-Rhône-Alpes

Méthode

Cette étude descriptive, transversale, basée sur l’observation directe a été réalisée à la pharmacie à usage interne d’un hôpital de la région Auvergne-Rhône-Alpes sur une durée de deux mois du 3 avril 2017 au 3 juin 2017.
La pharmacie hospitalière du groupement hospitalier est un secteur de type industriel comportant 33 postes de travail répartis sur 12 secteurs distincts par leurs activités. Ce sont la dispensation globale, les Médicaments Dérivés du Sang (MDS), les Dispositifs Médicaux Stériles (DMS), la DJIN (Dispensation Journalière Individuelle Nominative), la dispensation de médicaments à statut particulier (DP), la T2A (Tarification à l’Activité) , le guichet, l’URCC (Unité de Reconstitution Centralisée des Cytotoxiques), le secteur préparatoire, l’Alimentation Parentérale (AP), la Radio pharmacie, et les essais cliniques. La pharmacie regroupe 98 travailleurs de catégories différentes.
Tous les agents de la PUI effectuant a priori les tâches de manutention ont été inclus dans notre étude. Ces critères ont ensuite été affinés sur le terrain selon la présence ou non de tâches de manutention.

Les données ont été collectées à travers l’observation ergonomique des différents postes de travail.
Après une présentation des objectifs et modalités de l’étude à l’encadrement et aux pharmaciens de la PUI, 40 périodes d’observations en moyenne ont été réalisées totalisant environ 150 heures sur le terrain.
Un questionnaire et la fiche FIFARIM [6] ont été utilisés comme outils pour la collecte des données (voir en annexes).
La fiche FIFARIM a pour but de structurer l’analyse des facteurs d’une situation de manutention qui peuvent contribuer à créer un risque de lésion corporelle. Ces facteurs sont regroupés en six catégories spécifiques :

  • les postures adoptées durant la manutention (items 1 à 6) ;
  • l’objet ou la charge manutentionnée (items 7 à 13) ;
  • les caractéristiques de certaines tâches particulières telles que le transport, la poussée ou la traction d’une charge (items 14 à 20) ;
  • l’influence de l’environnement (items 21 à 22) et de l’organisation du travail (items 23 à 26).

Pour chaque item, la cotation est faite à partir d’une échelle visuelle analogique entre deux extrémités « rarement » et « souvent ».
L’analyse statistique des données recueillies a été réalisée par le logiciel Epi info version 7, et Excel.
Afin de permettre le traitement des données, la cotation de chaque item a été recodée en trois modalités : 0 (« rarement »), 1 (« intermédiaire) et 2 (« souvent »).
Lors de l’analyse, un score global a été calculé en faisant la somme de six scores créés à partir de chaque catégorie de risque. Ce score global composé des 26 items de la liste FIFARIM pouvait comporter des valeurs comprises entre 0 (score minimum) et 52 (score maximum) dont la cotation a été regroupée en trois classes :

  • Peu pénible : [0, 17]
  • Moyennement pénible : [17, 35]
  • Très pénible : [35, 52].