Le maintien dans l’emploi d’un salarié atteint du syndrome d’Alport

Historique du salarié

En novembre 2016, à la faveur d’un entretien infirmier, je reçois Monsieur P.
Salarié d’une société de portage de repas pour les entreprises, les collectivités et les établissements scolaires, il occupe cette fonction depuis 2009 en tant que chauffeur livreur de véhicule léger.
L’entreprise de Monsieur P. est basée sur une commune de l’Essonne et emploie 28 salariés. Elle fait partie d’un groupe international.

Le dossier médical du salarié indique qu’il est âgé de 31 ans, qu’il vit en couple, qu’il est père d’une petite fille de cinq ans et qu’il a contracté une pneumonie virale en 2006, sans conséquence particulière.
Par ailleurs, la visite d’embauche de 2009 rapporte l’existence d’une hypertension artérielle, d’une protéinurie et d’une baisse de l’acuité visuelle.
En 2010, il est reçu dans le cadre d’une visite de reprise, suite à un arrêt maladie d’un mois pour hypertension artérielle, traitée depuis.
En janvier 2012, lors d’une nouvelle visite de reprise (suite à un arrêt maladie de trois mois), le médecin du travail apprend que Monsieur P. souffre du syndrome d’Alport depuis trois ans et qu’il vient d’être opéré d’un kératocône bilatéral.

Le syndrome d’Alport est une maladie héréditaire caractérisée par une néphropathie associée à une atteinte auditive et oculaire.
Le kératocône se manifeste par une déformation de la cornée qui s’amincit progressivement et prend la forme d’un cône irrégulier rendant indispensable le port de lentilles spécialisées.

Les tests visuels pratiqués avec les échelles de Monoyer et Parinaud par le Docteur L., médecin du travail à cette date, révèlent une baisse de l’acuité visuelle de loin dont 6/10 pour l’œil droit et 8/10 pour le gauche.
L’audiogramme réalisé est normal et la tension artérielle correcte.
L’examen par bandelette urinaire confirme l’existence d’une protéinurie.
Au cours de cette visite, Monsieur P. informe avoir été victime d’un infarctus du myocarde en 2009 au décours d’une poussée hypertensive. Depuis, il est suivi tous les trois mois par son médecin traitant et par son néphrologue.
A l’issue de cette visite, il est déclaré apte à son poste.

En janvier 2015, Monsieur P. consulte de nouveau dans le cadre d’une visite de reprise, suite à un accident de trajet ayant entraîné un arrêt de quatre mois pour dorsalgies.
En août 2015, nouvelle visite de reprise après un accident de travail (en descendant de son camion, Mr P. fait une chute provoquant une entorse de la cheville gauche avec rupture ligamentaire) entraînant un arrêt de cinq mois.
Lors de ces visites, il est notifié un suivi tous les trois mois pour juger de l’évolution du syndrome d’Alport.