Les effets indésirables des traitements utilisés pour lutter contre la COVID-19

Journal International de Médecine, JIM.fr, Actualités, 28 avril 2020

Les centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) de Franche-Comté et de Bourgogne qui ont analysé l’ensemble des données de pharmacovigilance en lien avec les médicaments pris dans un contexte de COVID-19, sur le territoire national rapportent à la date du 22 avril 2020, 321 déclarations, dont 215 cas d’effets indésirables sous médicament utilisé pour traiter l’infection par le SARS-CoV-2.

L’hydroxychloroquine comptabilise le plus grand nombre des déclarations (53 %) (seule ou associée à l’azithromycine) avec essentiellement une toxicité cardiaque.
L’association lopinavir/ritonavir est mise en cause dans 42 % des déclarations d’effets indésirables (toxicité hépatique essentiellement).
L’aggravation de l’infection à COVID-19 est bien documentée pour l’utilisation des anti-inflammatoires (AINS seuls ou associés, corticoïdes seuls ou associés)
Le mésusage de médicaments prescrits hors AMM par des médecins généralistes, ou spécialistes ou des dentistes pour lutter contre Covid-19 concerne ivermectine, montélukast, azithromycine, simvastatine.

"Sur la base de l’ensemble des données de pharmacovigilance, et tenant compte de l’absence de données d’efficacité indiscutables de ces traitements dans la prise en charge de COVID-19 (au 22 avril 2020), les experts en pharmacovigilance concluent à une balance bénéfice/risque défavorable pour l’ensemble de ces médicaments, en particulier l’hydroxychloroquine, utilisés en dehors du cadre des essais cliniques".