Compression du nerf ulnaire au coude gauche chez les violoncellistes

D. MARTIN Médecine des Arts. - 2008. - N° 59. - Pages 23- 30. - Bibliographie
A partir d’un cas de compression du nerf ulnaire au coude apparu chez un musicien de haut niveau, l’auteur envisage les conséquences générales d’une atteinte du nerf assurant la latéralité des doigts et leur motricité fine, ainsi que la sensibilité palmaire et pulpaire du Ve doigt. Si les atteintes graves avec griffe cubitale ne concernent pas spécialement les musiciens, il faut néanmoins être attentif aux signes précoces (dysesthésies du bord ulnaire de la main, crampes à l’effort, modification des perceptions des vibrations au niveau de la pulpe du Ve doigt, manque de force et maladresse) qui diminuent les capacités fonctionnelles du violoncelliste alors qu’un geste chirurgical simple pratiqué assez tôt pourrait permettre au musicien de retrouver toutes ses capacités. A un stade précoce, il convient d’éviter les flexions maximales du coude et proposer une attelle nocturne à 20° de flexion. Il faut également éviter les activités non musicales qui mettent en tension-compression le nerf ulnaire (tel que l’usage prolongé du téléphone). Dès l’apprentissage, le jeune musicien apprendra à descendre la main sur le manche pour desserrer le coude et à bien porter l’instrument.
(publié le 11 décembre 2008)