Prise en charge des maladies infectieuses émergentes

P. BOSSI, F. BRICAIRE EMC, Encyclopédie Médico-Chirurgicale. - 2008. - Elsevier Masson, Issy-les Moulineaux. - Maladies infectieuses, 8-002-E-10, 9 p. Bibliographie

« Est définie comme infection émergente toute infection dont l’incidence chez les humains a augmenté au cours des deux dernières décennies ou dont le risque d’augmentation de l’incidence est vraisemblable dans un futur proche. » Plus de 30 nouvelles maladies infectieuses ont été découvertes au cours des dernières décennies. « Les infections émergentes peuvent résulter de l’apparition de nouvelles infections jusque-là inconnues (SRAS, Ebola), de nouvelles infections résultant de changement ou de modification d’agents infectieux déjà connus (virus grippal aviaire H5N1), de nouvelles infections qui apparaissent dans de nouvelles zones géographiques ou qui atteignent de nouvelles populations jusque-là indemnes (virus de la dengue, du West Nile ou du chikungunya), de nouvelles infections qui apparaissent dans des zones où une transformation écologique a été effectuée (bilharziose sur création de barrages, virus de la vallée du Rift), voire d’infections anciennement connues qui réémergent par acquisition de résistance aux molécules anti-infectieuses ou à la suite d’un échec de mesures de santé publique visant à la supprimer. »

Les principales infections émergentes du début de XXIe siècle sont :

  • le SRAS (en lien avec un coronavirus responsable d’un syndrome respiratoire sévère),
  • l’infection à West Nile Virus (identifié pour la première fois en 1937 dans le district du West Nile en Ouganda, ce virus est responsable d’épidémies humaines rapportées au cours des années 1990 en Algérie, Roumanie, République Tchèque, République Démocratique du Congo, Russie et Israël ; le réel problème de cette infection est son émergence depuis 1999 aux États- Unis, Canada, Mexique et dans différents états des Caraïbes),
  • le Chikungunya (responsable d’une épidémie sans précédent dans un certain nombre d’îles de l’océan indien),
  • les fièvres hémorragiques virales (dont les virus responsables sont retrouvés sur les cinq continents. L’Afrique subsaharienne et l’Amérique du Sud sont les régions les plus exposées),
  • la grippe aviaire (il apparaît actuellement certain qu’une pandémie surviendra dans les années à venir : nul ne peut prédire quand, où et de quelle intensité cette pandémie sera ; de même sera-t-elle liée au virus H5N1 ?
  • des actes bioterroristes (en lien avec l’utilisation intentionnelle ou la menace d’emploi, d’organismes vivants quelle que soit leur nature et dont l’objectif est de provoquer une maladie ou la mort chez l’homme, les animaux ou les plantes. Il en est ainsi de la maladie du charbon, de la peste, de la variole). Afin de réduire l’impact sanitaire de telles affections et d’éviter l’ultime étape catastrophique tant redoutée qu’est la pandémie, des mesures ont été prises :
  • la préparation des structures hospitalières,
  • la formation des médecins (en effet un diagnostic clinique précoce avec l’établissement prompt des mesures de contrôle efficaces sont déterminants dans la prise en charge d’une infection émergente),
  • l’établissement de procédures concernant la prise en charge des tout premiers cas,
  • la mise en place de centres référents (qui sont des services hospitalo-universitaires des maladies infectieuses et tropicales ayant pour objectifs de coordonner toutes les actions à entreprendre en cas d’alerte infectieuse émergente),
  • différentes cellules de crise (qui seront activées dès l’alerte déclenchée),
  • les moyens d’une communication efficace, à la fois pour le grand public et les professionnels de santé.

La reconnaissance d’une infection émergente apparaît essentielle à la gestion des urgences infectieuses. « De la rapidité du diagnostic dépendent l’alerte des structures sanitaires et la réponse des pouvoirs publics. »

(publié le 22 janvier 2009)