3-Hydroxybenzo(a) pyrène dans l’urine de travailleurs ayant une exposition professionnelle aux hydrocarbures aromatiques polycycliques dans différentes industries

3-Hydroxybenzo[a]pyrene in the urine of workers with occupational exposure to polycyclic aromatic hydrocarbons in different industries K. FORSTER, R. PREUSS, B. ROBBACH, T. BRUNING, J. ANGERER, P. SIMON Occupational and Environmental Medicine. - 2008, vol. 65, n° 4, p. 224-229. - Bibliographie

Cette enquête allemande (avec la participation d’un chercheur de l’INRS) a été menée pour évaluer l’exposition externe et interne des travailleurs aux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Dans ce contexte, la pertinence analytique et diagnostique du 3-hydroxybenzo( a) pyrène (30H-BaP) comme marqueur biologique d’exposition interne aux HAPs a été établie.

Une surveillance environnementale et biologique a été réalisée pour 225 salariés exposés aux HAPs dans différentes industries. L’exposition externe a été déterminée à l’aide d’échantillonneurs passifs individuels d’air et de l’analyse de 16 EPA-PAH. L’exposition interne a été examinée en dosant les métabolites urinaires 30 HBaP, 1=hydroxypyrène (OH-Pyr) et monohydroxilé phénantrènes (OH-Phens).

Le Benzo(a) pyrène (BaP) a été détecté dans tous les lieux de travail. Les concentrations dans la zone respiratoire des salariés allaient d’endessous de la limite de détection jusqu’à 44,3 µg/m3. Pour la surveillance biologique, le 30 H-BaP a été trouvé à des concentrations moyennes de 0,8 ng/g de créatinine (créat) et le 95e percentile de 6,7 ng/g créat. Les résultats allaient d’en-dessous de la limite de détection jusqu’à 19,5 ng/g créat. Seulement 1 % des échantillons analysés montraient des concentrations en dessous de la limite de détection (0,05 ng/l).

Si l’on considère les concentrations moyennes, les salariés des ateliers avec des fours avaient des concentrations de 3 OH-BaP plus basses (0,5 ng/g créat) que ceux employés à la production de matériaux anti-feu ou réfractaires (1,1 ng/g créat), au chargement des convertisseurs (1,2 ng/g créat), et à la production d’électrodes en graphite (1,3 ng/g créat). Des corrélations fortes du 3 OH-BaP avec l’OH-Pyr et la somme des OH-Phens ont été trouvées pour les lieux de travail de chargement des convertisseurs, des ateliers avec des fours, et de la production d’électrodes en graphite (r pearson allant de 0,618 à 0,867, p < 0,001). La faible corrélation du BaP dans l’air et du 3 OH-BaP dans l’urine est le plus vraisemblablement causée par les voies d’absorption autres que la voie aérienne

  • par exemple, la pénétration cutanée. En conclusion, le 3 OH-BaP en tant que métabolite du BaP cancérogène pourrait s’avérer être
  • au plan diagnotic - un biomarqueur spécifique et sensible pour déterminer l’exposition interne des salariés de différentes industries. En utilisant cette méthode, l’estimation des risques pour la santé pour les salariés pourrait être grandement améliorée du fait que le 3 OH-BaP représente le groupe des HbAPs cancérogènes. La procédure pour analyser le 3 OH-BaP est complexe, mais elle est robuste et elle fournit des résultats fiables.
(publié le 30 janvier 2009)