Béryllium. Le réseau prévention en campagne

G. BRASSEUR Travail et Sécurité. - 2008. - N° 682. - Pages 38-40

Afin d’étudier les applications industrielles pouvant générer une exposition au béryllium, une enquête a été menée auprès d’un échantillon représentatif de 5 000 établissements industriels dans 22 secteurs d’activité et 400 laboratoires de prothésistes dentaires. Les résultats indiquent que 12 000 travailleurs seraient potentiellement exposés au béryllium ou à ses composés. Chez les prothésistes qui représentent 25 % des populations exposées, l’utilisation d’alliages au béryllium a fortement diminué et concerne maintenant 1 laboratoire sur 7 contre 1 laboratoire sur 2 il y a plus de quinze ans. Mais d’autres activités sont concernées comme la métallurgie, l’aéronautique, la bijouterie, l’électronique, le nucléaire ou même l’armement. La situation est préoccupante au regard de la valeur limite de 0,05 µg/m3 proposée par l’ACGIH* ou de celle de 2 µg/m3 proposée en France. En effet des mesures effectuées entre 2004 et 2006 par 8 laboratoires de chimie des CRAM dans 99 établissements appartenant à 37 secteurs d’activité montrent des valeurs souvent bien au-delà, notamment dans la métallurgie et la fabrication de composants électroniques. Les co-expositions à d’autres métaux toxiques sont également fréquentes. La prévention repose sur la substitution du béryllium chaque fois que techniquement possible, la nécessité d’installer des protections collectives couplées à la décontamination des lieux de travail. Les salariés exposés relèvent d’une surveillance médicale renforcée.

(*) ACGIH : American Conference of Governmental Industrial Hygienists

(publié le 4 décembre 2008)