Profils d’exposition au perchloréthylène dans le secteur du nettoyage à sec.

G. HUBERT-PELLE, T. NICOT, J. GROSJEAN, P. POIROT, M.T. LECLERC, B. GALLAND Hygiène et Sécurité du travail, Cahiers de notes documentaires. - 2007. - N° 209. - Pages 43-58. - Bibliographie.
Actuellement, 25 000 personnes travaillant dans les pressings commerciaux et industriels sont susceptibles d’être en contact avec le PERC (perchloroéthylène) qui constitue le principal risque chimique dans le secteur du nettoyage à sec en raison de sa volatilité. Le PERC pénètre facilement par les voies respiratoires où l’absorption est rapide et partiellement, sous forme liquide par voie cutanée. Il s’accumule dans les tissus riches en lipides. Etiqueté solvant nocif pour la santé, et inscrit au tableau N° 12 des maladies professionnelles, il a pour organes-cibles le système nerveux central, le foie et le rein. Il est actuellement classé cancérogène Catégorie 3, irritant pour la peau et susceptible de provoquer somnolence ou vertiges en cas d’inhalation de vapeurs. Afin de faire le point sur les concentrations auxquelles sont exposés les opérateurs de pressings, une série de mesurages a été menée dans deux pressings industriels et trois pressings commerciaux. Les concentrations en vapeur de PERC ont été mesurées par différentes techniques  : badges portés par les salariés volontaires et système CAPTIV (logiciel permettant de piloter l’acquisition de données issues de capteurs et d’images enregistrées via des caméras numériques qui seront ensuite synchronisées et permettront de corréler un pic de pollution à une phase précise du poste de travail). Des mesures ont également été effectuées en ambiance et au-dessus des hublots de machines. Il apparaît que les opérateurs machine sont fréquemment soumis à des pics d’exposition au PERC pouvant atteindre 1 000 ppm à chaque ouverture de hublot. Globalement, 80 % des profils d’exposition présentent au moins un pic égal ou supérieur à 100 ppm pendant une minute ou plus avec une nette prédominance dans les pressings industriels. D’autres opérations sont particulièrement polluantes : le raclage des boues (175 ppm pendant 45 minutes dans un pressing commercial, occasionnant un large dépassement de la valeur STEL tant en concentration qu’en durée et des pics de concentration de 150 à 200 ppm durant 4 à 10 minutes dans les pressings commerciaux) et le nettoyage des filtres (pics de concentration pouvant atteindre 1 000 ppm) pendant une brève durée. La prévention repose sur l’information du personnel des dangers du PERC. Il est important de rappeler que le hublot sera ouvert uniquement pour le chargement ou le déchargement du tambour (et non pendant le cycle de nettoyage pour y ajouter un article). Des captages efficaces seront mis en place. L’évacuation des déchets doit s’effectuer dans des fûts fermés et stockés à l’extérieur. Les machines seront entretenues régulièrement pour éviter les fuites de solvant. L’avenir est dans des machines de nouvelle génération (filtre à charbon régénérable dans le circuit pour une épuration complémentaire de l’air de séchage, condenseur amélioré par une réfrigération, ouverture de hublots impossible en dehors des cycles programmés, raclage et évacuation automatique des boues) et dans des types de machines utilisant des produits de substitution au PERC.
(publié le 23 septembre 2008)