Bruit au travail
Une nuisance souvent passée sous silence

G. Brasseur, Y. Ganem, C. Larcher, J. lemarié, C. Ravallec Travail et sécurité, 2010, n°704, p. 20-35
3 millions de travailleurs en France sont exposés au bruit, et en 2008, 1 076 cas de surdités professionnelles ont été reconnus en France au titre du tableau du régime général de la Sécurité sociale. L’enquête SUMER 2003 révèle que 7% des salariés déclarent être exposés à des bruits nocifs pendant plus de 20 heures par semaine.
Les atteintes liées au bruit sont souvent progressives : fatigue auditive temporaire, puis pertes d’audition détectables seulement à l’audiogramme, enfin surdité. Le bruit a également des effets extra-auditifs tels que troubles du sommeil, réduction du champ visuel, élévation de la tension artérielle, irritabilité, colère, apathie, stress.....
En matière de prévention, la première étape est l’obligation pour l’employeur d’évaluer les risques. Les mesures doivent être effectuées dans des conditions conformes aux principes métrologiques de la norme ISO 9612.
Les méthodes de prévention concernent en priorité la réduction du bruit à la source puis celles qui touchent à l’organisation du travail, à la formation et l’information des salariés, à la mise en place d’équipements de protection collective et en dernier recours de protection individuelle.
Différentes expériences sont ensuite relatées : ainsi, dans un atelier d’entretien de véhicules poids lourds, mais aussi dans une entreprise de fabrication de charpentes, ou dans une crèche, l’accent a été mis sur l’amélioration des conditions de travail des salariés, notamment au niveau des matériaux utilisés pour une meilleure isolation phonique.
Dans un atelier spécialisé dans la fabrication d’équipements de peinture, l’isolation des plafonds et des murs a été complétée par le cloisonnement et l’encoffrement des machines les plus bruyantes.
L’acquisition de nouvelles machines peut aussi être une solution, ici dans une imprimerie : une presse dernier cri, là dans dans une fabrication de murs à coffrage intégré (prémurs) : un nouveau banc de vibrations.
Le guidage vocal a aussi ses inconvénients, augmentant l’exposition au bruit des opérateurs. Sur une plate-forme logistique, un employeur a mis en place avec son intégrateur de système, une solution garantissant des niveaux sonores inférieurs au seuil de 80 dB(A) sur 8 heures de travail.
Au total, une meilleure connaissance des risques et une action de prévention précoce sont nécessaires pour empêcher l’apparition de dommages irréversibles.
(publié le 17 juin 2010)