Tolérance physique au port de l’appareil respiratoire isolant chez les sapeurs-pompiers

F. Pantaloni, C. Capitaine, F. Le Duff, J-M. Steve, J. Barberis Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 2010, vol.71, n°5, pp.790-797. Bibliographie.
Les missions des sapeurs-pompiers exigent l’utilisation d’équipements de protection individuelle qui engendrent de nouvelles contraintes qui s’ajoutent à celles des interventions.
La tenue complète pèse environ 4 kg et les équipements entraînent des contraintes thermiques et mécaniques et augmentent le travail cardiovasculaire du sapeur-pompier. Les ARI (appareils respiratoires isolants) qui permettent de travailler en pression positive dans les atmosphères irrespirables, entrainent de fortes contraintes, à la fois mécaniques, thermiques, neurosensorielles et respiratoires.
Afin d’apprécier les contraintes liées au port de cet ARI, une étude a été menée auprès de 555 personnes d’âge moyen 27,6 ans , ayant effectué les stages d’entraînement au port de l’ARI entre janvier et juin 2006. Trois types de sessions étaient proposés de difficulté croissante et les stages étaient validés si la totalité du parcours était réalisée sans abandonner et sans consommer l’intégralité de la bouteille d’air ou d’oxygène selon les cas.
Le taux de réussite a été de 88,5% mais les causes des échecs étaient très différentes selon le niveau. Ces échecs étaient liés au stress pour le stage de niveau 1, à la consommation de la totalité de l’air de la bouteille avant la fin du parcours pour le stage de niveau 2, et à la fatigue extrême pour le stage de niveau 3.
Les modifications des paramètres lors de ces exercices concernent la fréquence cardiaque, la température corporelle et une variation de poids liée à la déshydratation (qui est maximale dans les premières minutes de l’effort). Une récupération de dix minutes est insuffisante pour retrouver les valeurs de base mesurées avant l’épreuve. La connaissance des répercussions du port de ces ARI sur les paramètres physiologiques permet de définir une conduite à tenir théorique pour la surveillance des sapeurs-pompiers engagés en intervention sur des feux.
(publié le 28 décembre 2010)