Des avancées dans la prévention du risque bruit en open space

J. Chatillon, P. Chevret CONCOURS Pluripro, 2021, vol.143, n°2, pp. 35-37. Références

L’Afnor (Association française de normalisation) définit un open space comme "un espace de travail conçu pour accueillir plus de 5 personnes sans séparations complètes entre les postes ". Un quart des salariés français travaille dans ces conditions (centres d’appels, espaces collaboratifs, espaces non collaboratifs où l’activité individuelle nécessite une forte concentration et halls d’accueil du public).
Toutes les enquêtes citent le bruit comme la principale source de nuisance et 1/4 des salariés se disent très gênés.
Le niveau sonore se situe entre 50 et 60 dB(A), avec des bruits stationnaires (équipements informatiques, systèmes de ventilation), des bruits intermittents (sonneries de téléphone, bruits de passage, conversations.)
Tout cela perturbe l’attention et nécessite un effort intellectuel supplémentaire pour rester concentré.
Il s’ensuit fatigue cognitive, stress avec perte de sommeil, mal-être, dépression, baisse de performance, voire absentéisme.

Les risques pour les salariés ne sont pas dans le lésionnel, mais dans le perceptif.

Pour y remédier, il faut maintenir un niveau sonore entre 48 et 55 dB(A) par une disposition adéquate des postes de travail (regrouper ceux qui sont censés travailler ensemble), mais éloigner et disposer des cloisons entre ceux qui ont une activité nécessitant une forte concentration).
Il faut rationaliser les zones de passage afin de réduire les déplacements sur les plateaux et éviter les réunions aux postes de travail.

Il faut agir dès la conception et compenser la réverbération des sons que produisent le béton ou le verre, par des matériaux absorbants.
La collaboration doit être technique certes (architectes, acousticiens, ergonomes), mais aussi faire intervenir des psychologues et bien sûr, impliquer l’ensemble des acteurs de entreprise, sans oublier les professionnels de santé.

(publié le 4 mai 2021)