Le point sur le travail informatisé

F. Cail Hygiène et sécurité du travail - Cahiers de notes documentaires, 2008, n°213, p.65-69

Les ordinateurs sont partout : au travail, à domicile, à l’école. Ils ont révolutionné les modes de vie en gommant la limite vie professionnelle - vie privée. Ils nécessitent une constante adaptation des opérateurs eu égard à l’évolution incessante des matériels et des modalités d’exécution des tâches. L’adaptation à tous ces changements est plus difficile chez le personnel vieillissant.

D’un point de vue technique, le matériel s’est nettement amélioré depuis une dizaine d’années : traitement antireflet, écrans à cristaux liquides de faible encombrement, dégagement de chaleur limité, claviers aplatis voire claviers en forme de V inversé et séparés, souris dites « ergonomiques ».

Dans les années 80, on s’est soucié de l’exposition aux rayonnements électromagnétiques. Depuis les années 90, l’innocuité des écrans cathodiques est une certitude.

En ce qui concerne la vision, nombreux sont les opérateurs à être persuadés que le travail sur ordinateur est délétère du fait qu’il sont parfois contraints à porter des verres correcteurs. Les médecins sont formels : « le travail sur écran révèle des petits défauts visuels et les met en relief, ce qui nécessite alors une correction visuelle ». En revanche, le travail sur écran est générateur de fatigue visuelle qui entraîne des troubles transitoires. Les facteurs déclenchants sont un éclairage inadéquat, la sécheresse de l’air, une distance œil-écran inférieure à 50 cm, un travail exclusivement devant écran et sans temps de pause.

Chez les opérateurs, le travail mental répétitif, le manque de contrôle sur le travail, des attentes devant écran, la maîtrise de nouveaux logiciels sont des facteurs déterminants de stress, auxquels d’ajoutent les facteurs psychosociaux tels que la pression temporelle du travail, les relations de travail avec les collègues ou la hiérarchie, plus difficiles à vivre dans un bureau confiné que dans un atelier.

La posture est responsable de pathologies du membre supérieur, de douleurs de la nuque et du dos. On estime à 3 à 4 % de l’ensemble des TMS reconnus au titre du tableau 57 des maladies professionnelles, les TMS attribuables au travail informatisé. Les facteurs favorisants sont en lien avec l’organisation du travail, son contexte et l’aménagement du poste. Il existe une relation dose-effet entre la durée d’utilisation de l’ordinateur et le risque de TMS du membre supérieur.

La prévention repose sur un positionnement de l’écran perpendiculairement aux fenêtres, un éclairement du plan de travail compris entre 300 et 500 lux pour un affichage sur fond clair, des pauses toutes les heures et la possibilité de regarder au loin de temps en temps. En ce qui concerne la prévention des TMS, il est conseillé d’alterner les tâches informatiques avec d’autres travaux et de bouger pendant les pauses. La frappe doit être effectuée avec les poignets flottants sans appui sur la table. La souris doit se situer dans le prolongement de l’épaule, l’avant-bras étant appuyé sur la table. Moyennant l’utilisation des matériels dans des conditions adéquates, le travail informatisé ne constitue pas en lui-même un risque pour la santé des opérateurs.

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(publié le 6 avril 2009)