Apport de la cardiofréquencemétrie sur des chantiers de désamiantage sous contrainte thermique
Retour d’expérience

S. Laroudie, M. Vuillaume Documents pour le médecin du travail, DMT, 2008, n°116, p. 513-520

Le travail de désamiantage en ambiance chaude est une activité pénible. En effet, l’étanchéité des combinaisons empêche l’évaporation de la sueur et les phénomènes de convection et de conduction. L’astreinte thermique entraîne rapidement une élévation de la température centrale. Pour apprécier les durées limites d’exposition, il est possible de mesurer le coût cardiaque qui est la différence entre la fréquence cardiaque lors du travail et celle de repos. Pour une journée de travail, le coût cardiaque (CC) moyen ne doit pas dépasser 30 à 35 bpm (battements par minute). Il peut atteindre pour de courtes périodes d’activité, 45 à 51 bpm. Une analyse de 173 courbes d’opérateurs sur chantiers travaillant à une température moyenne de 42°C montre un CC de 49 bpm pour les moins de 40 ans et de 42 bpm pour les plus de 40 ans. 63 % des courbes montrent une récupération efficace de l’opérateur après intervention et 30 % des courbes montrent une pente liée à l’astreinte thermique. Les tracés de ces fréquences cardiaques superposés avec le relevé de l’activité des opérateurs permettent de calculer les coûts cardiaques de chaque vacation. En fonction des résultats, le préventeur fixe le temps de repos nécessaire et permet ou non à l’opérateur de redescendre. En général, les opérateurs font trois vacations par journée de travail, entrecoupées de périodes de récupération d’au moins 1h dans un local ventilé et si nécessaire climatisé avec des boissons fraîches à disposition. Les tracés qui ont eu lieu avec des combinaisons ventilées montrent qu’au delà de 45°C, le CC est légèrement moins élevé mais avec une durée d’intervention plus longue, ce qui peut être intéressant compte tenu des difficultés liées à la descente et à la remontée d’échelles et aux procédures d’habillage et de déshabillage. Cette cardiofréquencemétrie est une véritable étape dans l’évaluation des risques qui s’avère être un moteur pour la prévention collective et individuelle.

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(publié le 5 mai 2009)