Approche des risques chimiques dans le secteur du traitement des déchets de bois dangereux

P. Poirot, F. Clerc Hygiène et sécurité du travail, 2012, n°230, pp.37-52. Bibliographie.

L’INRS dresse dans cet article un inventaire des risques chimiques encourus par les salariés sur les plates-formes de traitement des déchets de bois dangereux.
Les bois dangereux sont les bois créosotés, les bois imprégnés par les métaux, les sciures et copeaux imprégnés, les poussières de bois.
Différentes techniques sont utilisées : incinération, co-incinération, thermolyse, procédé CHARTHERM (traitement thermique à basse température, après broiement), procédé ANCOR ou procédé PGI (pyrolyse-gazéification-inertage) pour le traitement des bois traités CCA (à base de sels ou d’oxydes de chrome, cuivre et arsenic).
9 campagnes de mesures ont été effectuées dans huit entreprises importantes (6 traitant plus de 15 000 tonnes de déchets de bois par an). Pour chaque entreprise, les mesurages chimiques ont été réalisés durant trois jours consécutifs.
La présence d’agents CMR notamment les poussières de bois est avérée. Le niveau d’empoussièrement est globalement élevé, en moyenne supérieur à la valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP), mais néanmoins très variable d’une entreprise à l’autre mais aussi sur un même site et dépendant de nombreux paramètres (configuration des lieux, niveaux d’activité, conditions météorologiques). Cependant, l’exposition est réduite en cas de port d’équipements de protection individuelle.
Les concentrations en chrome VI et en benzo[a]pyrène sont également préoccupantes (50% des valeurs sont supérieures à la VLEP ou à la valeur recommandée) sur certaines plates-formes urbaines traitant des bois de réseau (poteaux et traverses), mais dépendent essentiellement des concentrations en poussières de bois.
Les concentrations en formaldéhyde lors de broyage de panneaux de particules sont faibles de même que les concentrations en composés organiques volatils (COV) quel que soit le type de déchets de bois. "En revanche, l’utilisation de sciures pour la valorisation de déchets organiques peut conduire à des concentrations significatives en COV.
Des mesures de prévention sont proposées :

  • limiter les émissions de matières particulaires (par reprise des broyats par chargeurs ou abattage humide des poussières au niveau du broyage et maintien des sols propres par temps sec),
  • atténuer l’émission des polluants à la source,
  • réduire la pollution particulaire au niveau des engins (cabine en surpression),
  • utiliser des systèmes de filtration adaptés et régulièrement entretenus
  • ventiler les zones particulièrement polluées.
(publié le 22 juillet 2013)