Cardiologie interventionnelle : évaluation de l’exposition aux rayonnements ionisants et zonage radiologique

G. Abou Anoma, X. Michel, D. Breton, D. Schoulz, I. Pennacino, J-C. Amabile, P. Laroche Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2012, vol. 73, n° 6, pp. 849-859. Bibliographie
Les activités de cardiologie sont parmi les plus exposantes pour une équipe réalisant des interventions sous radioscopie.
Afin d’évaluer le risque, une étude dosimétrique a été menée à l’hôpital Percy par les équipes médicale et technique du service de protection radiologique des armées.
Deux types d’interventions d’électrophysiologie sont réalisées par le service de cardiologie : la pose de stimulateurs cardiaques et défibrillateurs automatiques implantables et l’ablation par radiofréquence.
Les intervenants (cardiologue opérateur, cardiologue "électrophysiologiste", un ou deux infirmiers) portent tous un tablier de 0,5 mm d’équivalent plomb.
L’évaluation de la dose reçue par les personnels a été effectuée par des dosimètres de poitrine portés en-dessous des équipements de protection individuelle, des dosimètres au niveau des chevilles, des faces dorsales des deux pieds, des faces dorsales des deux mains, au niveau du front au plus près de l’œil pour évaluer la dose équivalente reçue au niveau du cristallin.
Parallèlement, un zonage radiologique a été réalisé. Une zone spécialement réglementée orange est estimée à 13 cm du tube à rayons X. La zone spécialement réglementée jaune qui la prolonge s’étend jusqu’à 1,20m du tube à rayons X et la zone contrôlée verte jusqu’à 2,20 m.
La totalité des doses enregistrées par les dosimètres passifs réglementaires est nulle.
Les mains reçoivent 28% des doses non nulles enregistrées (la main non dominante étant la plus exposée), les pieds 70% et le cristallin 2%.
La prévention repose sur l’utilisation de moyens de protection collectifs pour les pieds et les cristallins des opérateurs.
Les auteurs suggèrent la catégorisation des cardiologues en catégorie A et des infirmiers en catégorie B.
Le zonage radiologique impose le port obligatoire d’une dosimétrie passive et opérationnelle pour l’accès à la salle lors des procédures.
(publié le 18 février 2013)