Charge physique au travail, forme physique, et mortalité sur 30 ans par affection ischémique cardiaque et toute cause dans l’enquête de Copenhague sur les hommes

Physical demands at work, physical fitness, and 30 year ischaemic heart disease and all-cause mortality in the Copenhague male study A Holtermann, OS Mortensen, H Burr, K Sogaard, F Gyntelberg, P Suadicani. Scandinavian Journal of Work, Environment and Health, 2010, vol 36, n°5, pages 357-365. Bibliographie.

Aucune enquête antérieure, prospective et sur le long terme, n’avait examiné si les travailleurs ayant une mauvaise forme cardiorespiratoire avaient un risque augmenté de mortalité cardiovasculaire dû à de fortes contraintes physiques au travail. Les auteurs danois ont testé cette hypothèse. Ils ont effectué un suivi sur 30 ans dans l’enquête de Copenhague portant sur les hommes chez 5 249 employés âgés de 40 à 59 ans. Ils ont exclu du suivi 274 hommes qui avaient eu un infarctus du myocarde, des symptômes prévalents d’angine de poitrine ou de claudication intermittente. Ils ont estimé la forme physique [consommation maximale d’oxygène (VO2 Max)] au moyen du test d’Astrand sur bicyclette et déterminé les classes de demandes physiques au travail par deux questions auto-administrées.

Dans l’enquête de Copenhague sur les hommes, 587 d’entre eux (11,9%) sont morts d’un infarctus du myocarde. En prenant les hommes ayant de faibles contraintes physiques au travail comme groupe de référence, les analyses de Cox -ajustées pour l’âge, la tension artérielle, le tabagisme, la consommation d’alcool, l’indice de masse corporelle, le diabète et l’hypertension- montraient que les fortes contraintes physiques au travail étaient associées à un risque augmenté de mortalité par infarctus du myocarde dans la classe de plus faible forme physique [VO2 Max allant de 15 à 26, N=892, ratio de risque (HR) 2,04 ; intervalle de confiance à 95% (IC 95%) 1,20 à 3,49] et dans la classe de forme physique moyenne (VO2 Max allant de 27 à 38, N=3 037, HR 1,75 ; IC 95% 1,24 à 2,46), mais pas chez les hommes ayant la meilleure forme physique (VO2 Max allant de 39 à 78, N= 1 014, HB 1,08 ; IC 95% 0,52 à 2,17). Les auteurs ont trouvé une relation similaire, quoique légèrement plus faible, en ce qui concerne la mortalité pour toute cause.

En conclusion, l’hypothèse de départ a été vérifiée. Les hommes ayant une forme physique faible ou moyenne ont un risque augmenté de mortalité cardiovasculaire s’ils sont exposés à de fortes contraintes physiques au travail.

Les observations des auteurs suggèrent que, chez les hommes ayant de fortes demandes physiques au travail, le fait d’être en bonne forme physique protège contre les accidents cardiovasculaires.

(publié le 28 décembre 2010)