De la complexité à la simplification : la contribution de l’Unité de Recherche EPM (1) à un outil pour l’évaluation et la gestion du risque de surcharge mécanique et la prévention des TMS

Dalla complessità alla semplificazione : il contributo dell’Unità di Ricerca EPM ad un toolkit per la valutazione e gestione del rischio da sovraccarico meccanico e la prevenzione dei WMDSs [(1) Ergonomie de la Posture et du Mouvement] E. Occhipinti, D. Colombini La Medicina del Lavoro, 2011, n°2, pages 174-192. Bibliographie.

Dans l’étude des troubles musculosquelettiques (TMS) et de leurs relations avec le travail, plusieurs facteurs de nature différente (mécanique, organisationnelle, psychosociale, individuelle) et leurs relations ont été considérés importants dans les modèles généraux pour les enquêtes épidémiologiques et pour l’évaluation et la gestion du risque. Il en découle la nécessité d’une approche "holistique" (c’est-à-dire complexe, globale, multifactorielle et interdisciplinaire) de la prévention des TMS, en particulier pour établir des normes techniques, des règles et des plans stratégiques d’action au niveau national ou international. D’un autre côté, si l’on considère la présence largement répandue de ces facteurs et des TMS dans de nombreux contextes professionnels, il existe une grande demande par les services de santé au travail et les opérateurs de développer des outils "simples" pour les évaluer et les gérer, utilisables aussi par des non experts à la fois dans les pays développés et dans ceux en voie de développement. Ces besoins sont à la fois justifiés et jusqu’à un certain point conflictuels. Comment pourrait-on poser le problème, c’est-à-dire simplifier la complexité ? Les propositions des auteurs sont fondées sur deux critères essentiels : 1) Mettre en place une approche pas à pas en utilisant d’abord des outils basiques et des outils plus complexes uniquement lorsque cela est nécessaire. 2) Prendre en compte la complexité et la présence de multiples facteurs qui influencent à chaque pas (même si c’est à des degrés différents de l’analyse en profondeur). Les propositions ont été principalement développées dans le cadre du projet de collaboration OMS/Agence Internationale Européenne pour "l’outil de prévention des TMS" mais elles dérivent aussi d’autres instances convergentes (par exemple : le document d’application ISO pour les normes internationales de la série ISO 11228). Les propositions prévoient les niveaux suivants : 1) niveau de base : destiné à l’identification préliminaire des principaux dangers (ou problèmes) liés à la condition de travail et à l’individualisation des priorités à travers les "demandes clés". Dans l’idéal, ce niveau concerne tous les dangers possibles (ou problèmes) du domaine de l’ergonomie mais on se focalisera sur les aspects clés relatifs aux dangers (ou problèmes) pour l’appareil musculosquelettique. Ce niveau peut être entrepris aussi par du personnel non expert avec un degré de formation limitée. 2) Premier niveau : focalisé sur des facteurs de risque de TMS liés au travail et consistant en une "évaluation rapide" destinée à distinguer trois effets ou conditions différents : a) certainement acceptable ; b) certainement "critique" (intervention immédiate) ; c) à approfondir. Ce niveau peut être également réalisé par du personnel non expert avec un degré minime de formation spécifique. 3) Second niveau : à la suite des résultats du premier niveau, des instruments pour l’estimation du risque reconnus (par des normes ou des guides internationaux) sont utilisés. Comme exemple sur ce sujet les auteurs citent des adaptations de l’Equation révisée du NIOSH* pour le soulèvement de charge, des tables des données psychologiques, la check-list OCRA**. Ces instruments devraient être en mesure de considérer de manière adéquate les principaux déterminants du risque. Pour certains secteurs particuliers (par exemple l’agriculture) de tels instruments nécessitent des adaptations particulières. On peut imaginer, pour certains secteurs particuliers, une base de données dans laquelle les tâches manuelles les plus répandues soient pré-évaluées par des experts et mises à disposition des opérateurs de terrain pour une application dans les contextes spécifiques en tenant compte des aspects organisationnels particuliers. Ce second niveau peut être réalisé uniquement par des personnes ayant reçu une formation spécifique.

*NIOSH : National Institute for Occupational Safety and Health (équivalent de l’INRS pour les Etats-Unis) **OCRA : OCcupational Repetitive Action (Action professionnelle répétitive).

(publié le 21 juillet 2011)