Dégraissants et nettoyants bactériens et enzymatiques : quels sont les risques ?

Prevent Focus, 2014, décembre, pp.12-15
En remplacement des dégraissants et nettoyants traditionnels à base de solvants ou de tensioactifs, on trouve des préparations à base de bactéries non pathogènes et d’enzymes.
Les biofontaines utilisant des bactéries sont utilisées dans divers secteurs d’activité dont les opérations de dégraissage d’outils et de pièces métalliques en milieu industriel, l’entretien mécanique de véhicules, le nettoyage dans le secteur aéronautique ...
Dans les hôpitaux, le nettoyage des instruments chirurgicaux et de diagnostic utilise des enzymes. _ L’exposition des travailleurs peut se faire par contact cutané ou inhalation.
Au terme d’une étude publiée en juillet 2014, des chercheurs canadiens indiquent une bonne performance technique, une bonne acceptabilité aux yeux des opérateurs et des coûts abordables.
Les préparations ne contiennent que des bactéries du groupe de risque 1 et ne représentent qu’un risque faible ou nul pour les individus ou la collectivité. Par contre, elles peuvent comporter des additifs (agents anticorrosion, colorants, neutralisants, parfums, stabilisants..., voire des solvants organiques en petite quantité).
Un seul cas de problème respiratoire a été rapporté par la littérature scientifique concernant un utilisateur de dégraissant à base de bactéries et hormis quelques cas d’asthme chez des utilisateurs de nettoyants enzymatiques, aucun autre cas n’a été rapporté dans le cadre d’un usage industriel.
Les risques pour l’environnement semblent également minimes, les bactéries et les enzymes étant biodégradables.
Néanmoins, les chercheurs recommandent le port de gants étanches et de lunettes de sécurité et des règles strictes en matière d’hygiène (lavage des mains et protection des plaies).
En cas de fuites accidentelles, il faut empêcher le liquide de migrer dans les égouts et utiliser une matière absorbante inerte, inflammable et incombustible pour le ramasser et rincer à l’eau.
(publié le 20 avril 2015)