Effets de la contamination chronique à l’uranium sur la mortalité :
bilan d’une étude-pilote chez les travailleurs de l’industrie nucléaire en France

I. Guseva Canu, S. Zhivin, J-P. Garsi, S. Caër-Lorho, E. Samson, P. Collomb, A. Acker, D. Laurier Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique, 2014, vol.62, n°6, pp.339-350. Bibliographie
Une étude-pilote sur les effets de l’exposition interne à l’uranium sur la mortalité a été lancée en 2005 dans l’établissement Areva-NC de Pierrelatte et les résultats ont été comparés à ceux des autres études des travailleurs du nucléaire.
La cohorte présente une mortalité plus faible que celle attendue d’après les taux nationaux et régionaux toutes causes. Cet effet " travailleur sain" a été observé pour les décès hors cancers et pour les décès par cancers.
Une sous-mortalité significative a été observée pour les cancers associés au tabagisme dans les deux comparaisons. Pour les cancers associés à la fois au tabac et à l’alcool, cette sous-mortalité a été observée uniquement dans la comparaison avec la population nationale.
Aucune des causes étudiées n’apparaît en excès significatif. Cependant, une augmentation supérieure à 30% a été observée pour le cancer de la plèvre, du rectum et des organes et tissus lymphoïdes, notamment le lymphome non hodgkinien et la leucémie lymphoïde chronique.
Aucune relation significative avec la dosée cumulée externe n’est mise en évidence. Pour l’uranium faiblement soluble, notamment l’URT, une augmentation de risque de mortalité de 8 à 16% par point de score d’exposition cumulée et de 10 à 15% par année d’exposition est observée.
Ces résultats méritent d’être confirmés par d’autres études plus puissantes et par des analyses dose-réponse reposant sur le calcul de la dose absorbée à l’organe-cible de l’uranium.
(publié le 9 mars 2015)