Enquête cas-témoin imbriquée sur le travail de nuit et le risque de cancer du sein chez des femmes de l’armée danoise

Nested case-control study of night shift work and breast cancer risk among women in the Danish military J. Hanse, C. Lassen Occupational and Environmental Medicine, 2012, vol 69, n°8, pages 551-556. Bibliographie.

Une présomption croissante mais limitée suggère que le travail de nuit est associé avec le cancer du sein. Les auteures danoises ont mené une enquête cas-témoin imbriquée à l’échelon national, au sein d’une cohorte de 18 551 femmes employées par l’armée nées entre 1929 et 1968, pour rechercher le risque de cancer du sein après le travail de nuit et pour explorer le rôle de l’exposition au soleil pendant les loisirs ainsi que la préférence de l’activité diurne.

Les auteures ont documenté 218 cas de cancer du sein (de 1990 à 2003) et sélectionné 899 témoins appariés par l’âge au sein de la cohorte par échantillonnage de densité d’incidence. Des informations sur le travail posté, les habitudes d’exposition au soleil, la préférence de l’activité diurne et d’autres facteurs potentiels de confusion ont été obtenues au moyen d’un questionnaire structuré. Les odds ratios (ORs) ont été estimés par une régression logistique conditionnelle. Globalement, les auteures ont observé un OR ajusté de 1,4 (IC 95 % ; 0,9 à 2,1) chez les femmes comparables en tout point n’ayant jamais eu de travail de nuit. Le risque relatif (RR) pour le cancer du sein tendait à augmenter avec l’augmentation du nombre d’années de travail de nuit (p = 0,03) et avec le nombre cumulé de nuits travaillées (p = 0,02), avec un risque neutre pour moins de 3 nuits travaillées par semaine. L’OR pour le groupe ayant le tertile le plus élevé d’exposition cumulée était de 2,3 (IC 95 % ; 1,2 à 4,6). L’effet le plus prononcé du travail de nuit sur le risque de cancer du sein a été observé chez les femmes ayant une préférence chronotype pour le matin et des postes de nuit soutenus (OR = 3,9 ; IC 95 % : 1,6 à 9,5). Les travailleuses de nuit avaient plus tendance aux bains de soleil que les travailleuses de jour.

En conclusion, les résultats indiquent que le travail de nuit fréquent augmente le risque de cancer du sein et suggèrent un risque plus élevé avec une durée plus longue et plus soutenue des postes de nuit. Les femmes qui préfèrent le matin et qui ont travaillé de nuit tendaient à avoir un risque plus élevé que celles qui préfèrent le soir.

(publié le 14 janvier 2013)