Etude de poste et zonage aux blocs opératoires : application pratique d’une méthodologie en 6 étapes

C. Duverger, G. Moliner, F. Boury, P. Branchereau, P. Costa, J-P. Beregi, J. Greffier Radioprotection, 2016, vol.51, n°1, pp.65-73. Bibliographie
L’étude propose d’appliquer une méthode préalablement définie en six étapes pour la réalisation des études de poste et zonages réglementaires de radioprotection aux blocs opératoires du CHU de Nîmes (habituellement complexes en pratique en raison de l’environnement, des contraintes et de l’activité). Trois spécialités ont été étudiées : orthopédie, urologie et vasculaire.
Une base de données a été mise en place pour pouvoir s’approprier l’activité des blocs opératoires et des types d’interventions ont été sélectionnés par spécialité, correspondant aux examens les plus réalisés et/ou les plus irradiants et faisant l’objet de simulations permettant d’évaluer l’exposition à chaque poste de travail.
Un zonage a été réalisé pour chaque spécialité à partir du nombre total d’actes de la salle la plus pénalisante couramment utilisée par chaque spécialité.
Les études de poste de travail ont été décomposées par spécialité et à chaque fois, une exposition a été obtenue pour le corps entier, les extrémités et le cristallin.
Les chirurgiens sont les opérateurs les plus proches du volume diffusant, les aides opératoires sont proches pour des actes sur les membres supérieurs en orthopédie mais plus éloignés pour les autres interventions. Les instrumentistes ne sont pas présents pour tous les actes, les circulantes sont les plus éloignées.
La dose sur une heure dans la salle la plus pénalisante est égale à 5,9 µSv pour l’orthopédie, 17,6 µSv pour l’urologie et 77,9 µSv pour le vasculaire.
Dans cette étude, les niveaux de dose obtenus pour un acte sont globalement faibles aux blocs opératoires et sont cohérents avec la littérature mais la répétition des actes génère des doses cumulées annuelles importantes et, au vu de ces résultats, un classement en catégorie B a été proposé pour l’ensemble du personnel opératoire. La zone contrôlée verte calculée est étendue aux parois de la salle et les zones attenantes sont classées en zone non réglementée.
Pour réduire les doses reçues par le personnel, les équipements de protection collective pourraient être mis en place mais ils sont généralement difficilement compatibles avec les contraintes liées au geste chirurgical.
Au total, l’application de cette méthode en six points - observations, préparation, simulation, extrapolation, réalisation et suivi dans le temps - permet de pallier les difficultés rencontrées dans ce secteur.
(publié le 6 juin 2016)