Evaluation de l’exposition au tétrachloréthylène et de son retentissement clinique au sein d’une population de 50 employés de pressing

D.Lucas, A. Hervé, C. Cabioch, P. Capellmann, A. Nicolas, A. Bodenes, D. Jegaden Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 2011, vol.72, n°5, pp.439-448. Bibliographie.
Le perchloréthylène est encore actuellement le solvant le plus utilisé dans les pressings, et notamment ceux de petite taille. Outre son potentiel cancérogène pour l’homme, il fait partie de la famille des solvants reconnus à l’origine de troubles neurologiques.
Deux services de santé au travail se sont regroupés pour mener une étude auprès de 26 pressings employant 70 salariés. L’étude a finalement inclus 50 salariés de 22 pressings et 95 témoins.
Les données ont été recueillies par questionnaire concernant des données générales, les antécédents personnels et professionnels, les habitudes de vie, l’existence de symptômes respiratoires, ophtalmologiques, neurologiques, cutanés et l’existence d’un syndrome prénarcotique identifié par l’échelle validée d’Epworth concernant la somnolence diurne.
L’évaluation de l’exposition professionnelle a été réalisée par prélèvement atmosphérique sur badge GABIE.
Au niveau biométrologique, un dosage sanguin de perchloroéthylène a été réalisé en fin de semaine de travail le lendemain du port du badge et avant toute prise de poste.
Les symptômes cliniques ont été retrouvés chez 78% des salariés exposés (fatigue en fin de poste, somnolence sur le canapé, troubles du sommeil) mais sans différence significative avec les témoins. L’obstruction nasale est la seule exception à ce constat.
Les résultats atmosphériques relevés sont en moyenne de 7 ppm, c’est à dire inférieurs à la valeur moyenne d’exposition ; mais il apparaît une corrélation significative entre l’activité de raclage des boues, l’activité de changement des filtres et les concentrations atmosphériques de percholoréthylène.
56% des salariés ont une concentration sanguine en perchloroéthylène supérieure aux valeurs recommandées actuellement pour les femmes enceintes et 67% en référence aux nouvelles valeurs de l’ANSES.
Il convient donc de poursuivre les recherches de solutions de substitution du perchloroéthylène et de promouvoir les moyens de protection collective et individuelle.
L’information des salariés sur les risques est essentielle et la place du dosage sanguin du perchloroéthylène dans le suivi de l’exposition professionnelle est prépondérante.
(publié le 30 janvier 2012)