Evaluation de l’exposition des salariés lors de la mise en oeuvre de résines époxydiques

D. Jargot, C. Hecht Hygiène et sécurité du travail, 2010, n°220, pp.13-20 + annexes
Les résines époxydiques non polymérisées peuvent être à l’origine de sensibilisations et de dermatoses allergiques ; le symptôme le plus fréquent est un eczéma des mains et des avant-bras avec souvent une atteinte du visage ; ce sont les monomères DGEBA (diglycidyléther de bisphénol A) et DGEBF (diglycidyléther de bisphénol F) qui sont considérés comme les allergènes essentiels. Le statistiques des maladies professionnelles reconnues en France ne reflètent apparemment pas l’ampleur du problème.
Une enquête a été menée par l’INRS avec pour objectif de compléter la collecte des données par des prélèvements atmosphériques de DGEBA et/ou de DGEBF, des composants des durcisseurs associés et des diluants réactifs, de préciser les sources de contamination et les activités responsables d’une exposition et de confirmer à terme, l’existence ou non d’une exposition par voie inhalatoire et/ou celle d’une exposition cutanée.
Sept campagnes de mesures ont été effectuées auprès d’entreprises utilisatrices et plus d’une centaine de prélèvements atmosphériques, 150 essuyages à l’aide de lingettes imprégnées d’une solution aqueuse ou de prélèvements sur gants en coton pour estimer l’exposition par voie cutanée ont été réalisés, et les produits utilisés ont été étudiés systématiquement pour préciser et compléter les informations des fiches de données de sécurité.
Il apparaît que le contact cutané constitue la voie principale d’exposition au nonomère DGEBA ou DGEBF de la résine. Il est quasi systématique même au travers des gants lorsque de la résine visqueuse est appliquée au pinceau. Le choix des gants reste d’ailleurs l’une des préoccupations essentielles des préventeurs. Il paraît raisonnable de porter des sous-gants en coton voire d’utiliser une crème-barrière.
Les mesures de prévention s’articulent autour "de la substitution ou de la modification des résines, de la révision des procédures de travail, de la modification des comportements individuels et en dernier lieu, sur l’utilisation d ’équipements de protection mieux adaptés et mieux utilisés".
(publié le 28 décembre 2010)