Evaluation des astreintes thermiques à l’aide de la fréquence cardiaque : les extrapulsations cardiaques thermiques (EPCT)

J-P. Meyer, E. Turpin-Legendre, L. Gingembre, F. Horvat, G. Didry Références en Santé au Travail, 2014, n°140, pp.83-93. Bibliographie
Lors de certaines activités professionnelles, les contraintes thermiques peuvent être élevées bien que les expositions soient souvent discontinues et brèves, mais ces activités imposent le port de tenues de protection étanches qui créent à leur tour des contraintes thermiques car elles limitent les capacités de l’organisme à réguler sa température interne et ce d’autant que la charge physique associée est élevée.
De nombreuses études montrent que l’exposition à des contraintes thermiques est associée à des accidents de travail plus nombreux, à une fatigue en fin de journée, à des altérations de performance en lien avec des déshydratations.
Pour résoudre les difficultés d’évaluation de ces contraintes, le recours à des mesures physiologiques pour déterminer l’acceptabilité des conditions de travail est recommandé. Mais les indices d’astreinte thermique sont peu précis dans les conditions actuelles de travail à la chaleur.
Trois études successives ont été menées dans différents secteurs industriels pour mesurer conjointement la contrainte thermique chez 98 hommes lors de 132 expositions dans 18 situations de travail différentes.
Ont été mesurées les extrapolations cardiaques thermiques (EPCT), la variation de température buccale (dtbu) et la dépense énergétique. Les EPCT sont calculées selon la formule EPCT = FCr - FCo
FCr étant la fréquence de repos après l’exposition,
FCo étant la fréquence de repos avant l’effort.
La détermination de la FCo en milieu de travail étant difficile, il faut calculer la FC moyenne pendant 5 ou 10 minutes de repos assis.
Il se révèle que les EPCT sont faciles à mesurer et sont un bon indicateur de l’astreinte thermique.
La relation entre la variation de la température buccale (tbu) et les EPCT est de la forme : dtbu = 0,03 EPCT. Ainsi les EPCT doivent être inférieures à 20 bpm pour que la dtbu de 95% d’une population exposée soit inférieure à 1°C, valeur préconisée par les normes internationales.
L’augmentation de la FC de repos, illustrée par le concept des extrapulsations cardiaques thermiques (EPCT) est la méthode la plus simple pour quantifier l’astreinte thermique.
(publié le 20 avril 2015)