Evaluation du risque vibratoire pour les conducteurs d’engins de terrassement

C. Bieret, I. Malgras, J.P. Gilbert, M. Courtois Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 2009, vol.70, n°6 p.644-645. Bibliographie
Afin d’évaluer l’exposition aux vibrations, une étude a été réalisée auprès de conducteurs d’engins œuvrant sur un chantier autoroutier de grande envergure travaillant pour une entreprise spécialisée dans les travaux de terrassement. L’étude a été construite à partir de scenarii d’exposition en fonction du type d’engins, de la tâche réalisée, de la durée d’exposition et de l’amplitude vibratoire. Parallèlement une enquête par questionnaire anonyme a été proposée aux opérateurs, portant sur l’organisation du travail, les caractéristiques de l’engin utilisé, la connaissance du risque et les effets sanitaires ressentis.
Il apparaît qu’en conditions difficiles (terrain accidenté, durée longue d’exposition), le seuil de 0,5m/s2 est systématiquement dépassé pour une durée de 7,5 heures. C’est justement ce seuil de 0,5m/s2 qui déclenche l’obligation d’une action de prévention visant à atteindre un seuil limite journalier d’exposition de 1,15 m/s2.
Les engins qui exposent à ce niveau d’exposition journalière de 1,15 m/s2 sont essentiellement les décapeuses, les bouteurs, les tombereaux articulés et rigides.
Selon le médecin du travail, 30% des conducteurs souffrent de troubles liés au risque vibratoire : lombalgies, cervicalgies et scapulalgies. L’enquête de morbidité ressentie fait état de 35% des moins de 40 ans souffrant de cervicalgies, de 30% de tous les groupes d’âge souffrant de scapulalgies et de 30% des moins de 30 ans souffrant de lombalgies.
(publié le 2 février 2010)