Explosions de poussières dans les lieux de travail

Recensement et analyse A. Janès, J. Chaineaux Hygiène et sécurité du travail, 2010, n°220, pp.3-11 + annexe
La mise en œuvre de poudres ou de produits pulvérulents combustibles, peut entrainer, dans certains conditions, la formation d’atmosphères explosives (ATEX).
Tous secteurs d’activités confondus, un total de 190 explosions de poussières a été répertorié dans la base ARIA de 1903 à janvier 2010. Les activités les plus touchées sont les secteurs du bois (42% des accidents), et de l’agroalimentaire (31%). Viennent ensuite les secteurs de la chimie et de la pharmacie (11%) puis des métaux et du stockage des céréales en vrac à égalité (10% chacun).
Les conséquences de ces explosions sont lourdes en ce qui concerne l’humain (417 blessés et 175 décès) ou le matériel.
La majorité des explosions surviennent dans une unité de stockage comme un silo ou une trémie. Viennent ensuite les systèmes de dépoussiérage et de ventilation avec 18% des cas répertoriés. Elles peuvent également se produire à l’occasion d’une intervention suite à un premier incident ; ces explosions sont particulièrement représentées dans le secteur du bois.
Les sources d’inflammation des nuages de poussière les plus souvent identifiées sont les étincelles électriques ou électrostatiques, les incendies ou flammes nues et les travaux par point chaud.
Une comparaison avec les données du BIA (recensement de 600 explosions de poussières survenues en république fédérale d’Allemagne) montre quelques disparités mais aussi de nombreux points communs.
Quoi qu’il en soit, ces études mettent en évidence l’intérêt de la prévention de la formation d’ATEX d’une part, et de l’occurrence des sources d’inflammation d’autre part, ainsi que de la protection contre les effets des explosions.
(publié le 28 décembre 2010)