Exposition à l’amiante chrysolite lors de travaux sur chaussées amiantées

A. Romero-Hariot, C. Eypert-Blaison, R. Vincent Hygiène et sécurité du travail, 2015, n°241, pp.58-66

Longtemps, l’amiante de type chrysolite a été ajouté dans certains revêtements routiers afin d’assurer une meilleure durabilité de la couche de finition.
Lors des travaux de réfection des chaussées ou d’aménagements urbains, ou lors de travaux de maintenance, l’entreprise doit évaluer les niveaux d’empoussièrement émis par les processus d’intervention.
La nouvelle VLEP en vigueur depuis le 2 juillet 2015 est fixée à 10 f/l en moyenne sur 8h (VLEP-8h).
Afin de préconiser des mesures de prévention, un recueil des données d’empoussièrement a été réalisé à partir de l’analyse de 302 mesurages (173 évaluations sur opérateurs et 129 mesurages d’ambiance) issus de 53 chantiers ; mais 38,4% des données ont été rejetées par manque de fiabilité.

Les opérations de dépavage, pelletage, décroûtage-déconstruction, réparation de nids de poule et thermodécapage se traduisent par des empoussièrements inférieurs à 5 f/l. Les opérations de carottage sont les moins exposées, se faisant à l’humide, avec mise en place d’un écran. Les opérations réalisées avec outil (scie, marteau piqueur) et engin sans cabine (fraiseuse) sont les plus exposantes.

En ce qui concerne les mesures environnementales, aucun dépassement de la valeur définie dans le Code de la santé publique, (soit 5 f/l) n’a été observé en limite de chantier .
Les seuls niveaux d’empoussièrement supérieurs à 5 f/l correspondent à des opérations de sciage et de fraisage mesurées dans l’enceinte de la zone de travail.

Il convient dès lors de respecter strictement les recommandations de mise en place des moyens de protection collective et de manière générale, de respecter les préconisations des fiches de prévention "Guide d’aide à la caractérisation des enrobés bitumineux" (téléchargeable sur www.travail-emploi.gouv.fr).

Dès lors que l’empoussièrement est susceptible de dépasser les 5 f/l, le port d’équipements de protection individuelle est préconisé et la durée de port des protections respiratoires à ventilation assistée tiendra compte des conditions atmosphériques sans jamais dépasser deux heures trente par vacation.
Les opérateurs doivent dans certaines circonstances porter des combinaisons de type 5 et des gants étanches, des bottes étanches qu’ils retireront en respectant les procédures de décontamination .
Les opérations de sciage et de burinage qui peuvent entraîner un empoussièrement supérieur à 10 f/l doivent faire l’objet d’une attention particulière.

(publié le 29 février 2016)