Exposition radiologique de l’équipe opératoire au cours de curiethérapies de prostate par implants permanents d’iode-125

G. Gagna, C. Gauron, J-C. Amabile, P. Laroche Radioprotection, 2011, vol.46, n°2, pp. 189-208. Bibliographie
Afin d’évaluer les doses reçues par des professionnels peu expérimentés à la curiethérapie de prostate par implantation permanente de grains d’iode-125 sous contrôle échographique, une étude dosimétrique a été menée de mai à août 2010 au bloc opératoire de l’Hôpital d’instruction des armées du Val-de-Grâce au cours de six séances de curiethérapie par les équipes techniques du service de protection radiologique des armées en partenariat avec l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS).
L’intervention est réalisée au bloc opératoire et fait intervenir une équipe pluridisciplinaire (radiothérapeute, urologue, radiophysicien, anesthésiste, infirmier anesthésiste et infirmier de bloc opératoire).
L’urologue implante par voie transpérinéale et sous contrôle échographique les aiguilles vectrices en périphérie de la glande à travers une grille de repérage. Les grains d’iode-125 sont alors implantés à l’unité par le radiothérapeute au moyen d’un projecteur de source.
Pendant toute la durée de la séance, le personnel présent porte des dosimètres permettant d’évaluer la dose efficace à l’organisme entier ; urologue et radiothérapeute portent dosimètres d’extrémité et dosimètre frontal.
Les résultats montrent l’existence d’une courbe d’apprentissage sur six curithérapies avec diminution des temps d’intervention, pour l’urologue et le radiothérapeute.
Il apparait que les doses cumulées des six curiethérapies sont restées en dessous du seuil de détection des dosimètres de 100 Sv, les doses maximales susceptibles d’être reçues sont inférieures à 17 SV/acte.
Au vu des résultats, il apparaît raisonnable de classer les opérateurs (urologue et radiothérapeute) comme personnels exposés de catégorie B (surveillance médicale renforcée associée à une surveillance dosimétrique adaptée).
Le radiophysicien déjà classé catégorie B ne justifie pas un classement supérieur.
Infirmier de bloc et infirmier anesthésiste, personnels non rattachés de manière habituelle à cette activité de curiethérapie peuvent être considérés comme des travailleurs non classés accédant occasionnellement à une zone règlementée.
Le port d’EPI (tablier de plomb, cache-thyroïde ou gants) est inutile.
La zone contrôlée qui s’étend sur une sphère de 20 cm de rayon centrée sur la prostate du patient doit être étendue aux parois de la salle opératoire.
Si au total, la curiethérapie de prostate est peu irradiante, elle est très encadrée (importantes contraintes en termes d’information du patient et d’organisation).
(publié le 19 septembre 2011)