Expositions professionnelles et environnementales aux endotoxines émises en milieu agricole et industriel : revue de la littérature

L. Déléry, A. Cicolella Environnement, Risques et Santé, 2009, vol.8,n°1, p. 35-45. Bibliographie

Une revue de la littérature a été conduite pour étudier la pollution de l’environnement d’origine industrielle et agricole par les endotoxines, à l’exception de celles liées à l’environnement intérieur domestique. Ce sont plus de 191 articles et rapports publiés entre 1996 et 2006, qui ont été examinés. Les endotoxines (lipopolysaccharides extracellulaires associés à la membrane externe des bactéries à gram négatif) produisent leurs effets toxiques lors de la lyse ou de la multiplication des bactéries. Elles entraînent des syndromes respiratoires reposant sur des mécanismes inflammatoires, toxiques et immunologiques. Les sources d’exposition aux endotoxines sont principalement constituées par les poussières organiques animales ou végétales, par le traitement des déchets et par les aérosols d’eaux contaminées. Les secteurs les plus fortement contaminés sont l’élevage (essentiellement porcin et avicole), l’industrie du bois, le tri des déchets, le compostage et les stations d’épuration. Les études sont assez isolées et difficiles à interpréter et en l’absence d’études conduites sur des sites français, il est difficile d’approcher l’exposition des populations professionnelles aux endotoxines en France. Il n’existe pas à ce jour de valeur limite d’exposition professionnelle reconnue au niveau international. La nature très différente des aérosols contenant les endotoxines en fonction du secteur d’activité professionnelle concerné tend à montrer qu’il est nécessaire de définir des valeurs spécifiques par secteur d’activité. Dans l’attente, eu égard à la gravité des effets sanitaires possibles, la limite d’exposition proposée aux Pays-Bas peut être prise en considération : le DECOS (Dutch Expert Committee on Occupational Standards) a proposé en 1998 la valeur limite d’exposition professionnelle de 50 UE/m3 (environ 5ng/m3) sur la base d’une exposition moyenne pondérée sur huit heures.

09B0496

(publié le 29 avril 2009)