Facteurs associés à la lombalgie chez les hommes salariés des Pays de la Loire

A. Ramond, J. Bodin, C. Sérazin, E. Parot, A. Petit Le Manach, Y. Roquelaure Pratiques et Organisations des Soins, 2011, vol.42, n°3, pp.157-168. Bibliographie
L’étude présentée ici a pour objectif d’estimer à l’aide d’une modélisation, les facteurs "prospectivement" associés à la lombalgie chez les salariés des Pays de la Loire.
L’étude s’est appuyée sur deux enquêtes menées successivement auprès d’une cohorte de salariés des Pays de la Loire. La première a concerné 3 710 sujets tirés au sort par 83 médecins du travail volontaires parmi leurs salariés âgés de 20 à 59 ans vus en visite périodique. La deuxième enquête a débuté deux ans après la fin de la première et s’est adressée aux mêmes individus mais seuls 2 332 ont répondu.
Les enquêtes ont été menées par auto-questionnaires qui incluaient des facteurs individuels, des caractéristiques professionnelles, des facteurs d’exposition professionnelle dont des facteurs organisationnels, des facteurs biomécaniques et des facteurs psychosociaux.
Un processus de régression logistique binaire multiétapes a été utilisé pour modéliser le risque de lombalgie lors de la deuxième enquête par les facteurs de risque recueillis lors de la première enquête.
La prévalence des lombalgies était de 30% chez les hommes.
La déclaration de douleurs du cou et/ou des membres supérieurs, les mouvements du rachis (et notamment se pencher en avant et sur le côté), et le fait de "travailler plus que prévu" étaient les facteurs de risque principaux de lombalgie ultérieure dans les modèles étudiés. La conduite d’engins de chantier accroissait modérément le risque de lombalgie. _ Un faible soutien de la hiérarchie apparaissait comme facteur de risque significatif de lombalgie, après retrait du facteur "douleurs du cou et/ou des membres supérieurs". Ce facteur semblait avoir un impact plutôt sur le risque de récurrence alors que les variables biomécaniques et organisationnelles citées plus haut, paraissaient avoir un effet orienté préférentiellement sur le risque d’incidence.
(publié le 12 avril 2012)