Implants cardiaques et exposition aux champs électromagnétiques 50 Hz en environnement professionnel

M. Souques, I. Magne, A. Trigano, R. Frank, M. Héro, P. Schmitt, M. Nadi, F. Audran, J. Lambrozo Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 2008, vol.69, n°4, p. 547-552. Bibliographie

Les champs électromagnétiques peuvent perturber le fonctionnement des implants médicaux actifs. Les porteurs de ces implants médicaux sont le plus souvent des personnes souhaitant poursuivre leur activité professionnelle dans le métier qu’elles ont toujours exercé. Afin de ne pas prendre une décision arbitraire d’inaptitude ou de déclassement systématique du travailleur, les auteurs proposent une étude individualisée des risques encourus au poste de travail. En ce qui concerne les stimulateurs cardiaques, « la sensibilité des implants cardiaques aux interférences électromagnétiques dépend de plusieurs facteurs dont les plus importants sont le réglage du fonctionnement de la ou des sondes, et celui de la sensibilité de détection ». Différentes études ont montré qu’aucune perturbation n’était constatée avec un champ magnétique de 48 à 90 µT en mode bipolaire (expositions rares en milieu professionnel au-delà de 45 µT). En mode unipolaire, ces mêmes intensités pourraient entraîner des perturbations mais ce mode unipolaire ne se rencontre guère que sur des appareils anciens, donc chez des personnes plus âgées, moins susceptibles d’être encore en activité. En ce qui concerne les défibrillateurs automatiques implantables (DAI), le problème est plus complexe car les données de la littérature sont très pauvres. Les auteurs présentent dans cet article un protocole d’évaluation du risque qui consiste à mesurer le champ magnétique aux différents endroits où le travailleur est susceptible de se déplacer dans le cadre de son activité professionnelle. Les mesures sont effectuées en sa présence tout en surveillant le fonctionnement du DAI. En trois ans, ce protocole a été réalisé trois fois au sein du groupe EDF et les trois études sont rapportées dans cet article, mettant en exergue leurs difficultés de réalisation et leurs résultats. « Cette démarche peut être mise en œuvre quel que soit le type d’implant actif et la fréquence des champs électromagnétiques rencontrés en milieu professionnel. Elle mériterait d’être systématisée afin de construire une base de données opérationnelles pour les médecins du travail et les cardiologues ».

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(publié le 3 décembre 2008)