La radioprotection des patients et des travailleurs en radiologie interventionnelle et au bloc opératoire

P. Menechal, M. Valero, C. Megnigbeto, C. Marchal, J-L. Godet Hygiène et sécurité du travail, 2011, n°222, pp. 27-33. Bibliographie
Les actes de radiologie interventionnelle et ceux réalisés au bloc opératoire se sont multipliés en une décennie et atteignent un million d’actes par an en France.
Tant que les actes sont réalisés dans "des structures bien équipées, installées dans des locaux mis en conformité radiologique et dont les équipes sont composées de professionnels qualifiés, avec mise à niveau périodique des connaissances", la situation est maîtrisée mais une part importante de ces actes est réalisée au bloc opératoire à l’aide d’installations mobiles par des intervenants peu qualifiés et pas formés à l’utilisation technique de ces appareils, ce qui génère des problématiques de radioprotection des personnels et des difficultés d’application de certains textes réglementaires récents.
L’analyse des postes de travail montre que l’exposition des professionnels est inhomogène et dépend de nombreux critères notamment la proximité du patient, mais que le personnel présent dans une salle de radiologie interventionnelle, de cardiologie ou de neuroradiologie doit être considéré comme un travailleur exposé. Les médecins réalisateurs de l’acte seront classés en catégorie A alors que les autres personnes présentes dépassent rarement les limites de la catégorie B.
Outre la dosimètre passive "corps entier " objectivée par le dosimètre "poitrine", porté sous le tablier de plomb, il paraît utile de généraliser le port de dosimètres d’extrémités (bagues) dont les résultats sont beaucoup plus pertinents ; mais aussi d’évaluer la dose reçue au cristallin. Les médecins exerçant leur activité sur plusieurs sites, il est rare que le cumul dosimétrique soit effectué. Il s’ensuit que les doses sont probablement sous-estimées, d’autant plus que les résultats dépendent du port effectif des dosimètres.
La radioprotection des patients a une incidence sur la radioprotection des travailleurs qui s’articule selon trois axes : la justification des actes pratiqués, l’optimisation et les moyens de diminuer les doses ainsi que la formation et la qualification des intervenants.
(publié le 21 juillet 2011)