Le poids du cancer au travail : une estimation comme première étape de la prévention.

The burden of cancer at work : estimation as the first step to prevention L. RUSHTON, S. HUTCHINGS, T. BROWN Occupational and Environmental Medicine, 2008, vol.65, n°12, pages 789-800. Bibliographie

Les cancers liés au travail sont majoritairement évitables. Le principal but de ce projet est d’estimer le poids actuel du cancer attribuable à des facteurs professionnels en Grande Bretagne, et d’identifier les agents cancérogènes, les industries et les professions pour cibler la prévention.

Les fractions attribuables et les effectifs concernés ont été estimés pour la mortalité et l’incidence des cancers de la vessie, du poumon, de la peau (autre que le mélanome), le nez et les sinus, ainsi que les leucémies et les mésothéliomes pour des agents et des professions classés par le Centre International de Recherche sur le Cancer (IARC) dans les groupes 1 et 2A des cancérogènes avec une « forte » ou « très probable » preuve de cancérogénicité sur des localisations spécifiques de cancer chez l’homme. Les estimations du risque ont été obtenues à partir de la littérature publiée et des sources de données nationales utilisées pour estimer les proportions de sujets exposés.

En 2004, 78 237 hommes et 71 666 femmes sont morts du cancer en Grande Bretagne. Parmi eux, 7 317 (4,9%) décès [hommes : 6 259 (8%) ; femmes : 1 058 (1,5%)] étaient estimés être attribuables à des cancérogènes liés au travail pour les six cancers évalués. Les estimations d’incidence étaient de 13 338 (4,0%) des enregistrements [hommes : 11 284 (6,7%) ; femmes : 2 054 (1,2%)]. L’amiante contribuait pour plus de la moitié des décès attribuables au travail, suivie par la silice, les gaz d’échappement de moteurs diesel, le radon, le travail en tant que peintre, les huiles minérales chez les métallurgistes et dans l’imprimerie, le tabagisme passif (pour les non fumeurs), le travail de soudage et les dioxines. L’exposition professionnelle au rayonnement solaire, les huiles minérales et les goudrons/brais de houille contribuaient respectivement à 2 557, 1 867 et 550 enregistrements de cancers cutanés. Les industries ou les professions ayant un nombre important de décès et/ou d’enregistrements comprenaient le bâtiment, la métallurgie, le personnel et les services à la personne, l’extraction minière (hors métaux), les transports terrestres et les services en rapport avec les transports, la couverture, la construction/réparation des routes, l’imprimerie, l’agriculture, les forces armées, d’autres secteurs de service aux industries et la fabrication d’équipements de transport, les produits métalliques manufacturés, la machinerie, les métaux non ferreux et les produits métalliques, ainsi que les produits chimiques.

En conclusion, les estimations pour tous les cancers sauf les leucémies sont supérieures à celles actuellement utilisées au Royaume-Uni dans les plans de stratégie de santé et de sécurité et elles contrastent avec les petits nombres (200 à 240 par an) d’accidents mortels du travail. Des sources d’incertitude dans les estimations surgissent principalement de données approximatives et de questions méthodologiques. A l’opposé, les estimations sont probablement une estimation au bas mot du vrai risque. La longue période de latence signifie que les expositions élevées du passé vont continuer à fournir des nombres importants dans le futur proche. Bien que les niveaux de nombreuses expositions aient diminué, des mesurages récents pour d’autres, comme la poussière de bois et le quartz respirable, montrent la poursuite de niveaux élevés.

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(publié le 14 mai 2009)