Les risques liés au plomb

G. Brasseur, D. Vaudoux Travail et Sécurité, 2013, n°475, pp.13-27
Le plomb bien qu’interdit dans certaines de ses applications, reste présent dans un grand nombre d’activités et 135 000 salariés y seraient exposés en milieu professionnel. Ce risque plomb peu visible est souvent mal identifié.
La pénétration du plomb dans l’organisme se fait via le nez (poussières, fumées..), ou la bouche (mains sales, aliments souillés ...).
Le plomb peut être à l’origine d’intoxications aiguës rares mais surtout chroniques se manifestant par des effets neurologiques, hématologiques, rénaux, cardiovasculaires. Il a été classé comme substance probablement cancérogène pour l’homme (groupe 2A) par le Centre International de recherche sur le cancer (Circ). Il est aussi toxique pour la reproduction.
La plombémie est le meilleur indicateur de l’exposition au plomb et son évolution dans le temps témoigne de l’efficacité des mesures de prévention.
La prévention repose sur l’isolement de la zone polluée et des règles d’hygiène stricte. Le risque sur les chantiers est celui de contamination des cantonnements et des lieux communs et celui de rapporter la pollution dans sa voiture et à son domicilie.
Après ces généralités, le dossier passe en revue un certain nombre de secteurs concernés par cette problématique plomb, à savoir les fonderies de plomb, l’entretien des bâtiments, le démantèlement de centrales thermiques, l’entretien et la réparation de bateaux et d’unités fluviales, la fabrication de vitraux.
Ces secteurs mettent en œuvre tous les moyens dont ils disposent pour réduire l’exposition, à savoir l’éviction du plomb si cela est possible (mais c’est un matériau facile à travailler et peu coûteux), une information et une formation du personnel (y compris aux intérimaires), l’interdiction de boire, fumer ou manger sur le lieu de travail, des douches séparant les deux vestiaires (vêtements de ville et vêtements de travail), des systèmes de captage de poussières à la source et des aspirateurs à filtres très haute efficacité, le confinement des chantiers de façon similaire à celle d’un chantier de retrait amiante, l’interdiction des co-activités, des masques à ventilation libre ou assistée équipés de cartouches filtrantes, le port de protections respiratoires de type FFP3 pour les personnes chargées du nettoyage ; l’important étant de sensibiliser le personnel à la plus grande vigilance, en leur donnant l’information et les moyens nécessaires.
(publié le 5 février 2014)