Mésotheliomes malins dans les industries de la confection de vêtements : une source ultérieure d’exposition à l’amiante

Mesoteliomi maligni nelle confezioni abbigliamento : un’ulteriore fonte di esposizione ad amianto P.G. BARBIERI, A. SOMIGLIANA, R. GIRELLI, S. LOMBARDI, R. FESTA, S. SILVESTRI La Medicina del Lavoro, 2008, vol.99, n°3, pages 187-193. Bibliographie

Du fait du peu d’informations recueillies par l’interrogatoire des patients, un nombre considérable de cas de mésothéliomes malins (MM) restent classés exposition à l’amiante « inconnue » dans le Registre Italien du Mésothéliome (RIM). Dans le même temps, quelques expositions professionnelles à l’amiante, qui étaient antérieurement inconnues, ont été démontrées dans certains types de travail, que ce soit dans l’agriculture ou dans l’industrie textile. Le but de cette recherche était d’explorer l’éventuelle exposition professionnelle passée à l’amiante chez les travailleurs du vêtement utilisant des machines à coudre.

Les cas de MM ont été réunis à partir du Registre du Mésothéliome de Brescia (Nord de l’Italie). Les histoires professionnelles ont été obtenues au moyen d’un questionnaire standardisé. Des investigations ont été menées dans les ateliers de maintenance des machines à coudre afin de réunir des informations concernant l’utilisation possible de pièces amiantées. De plus, l’utilisation de matériaux de friction et de matériaux d’isolation en amiante a été demandée dans les ateliers de confection de vêtements en interrogeant les employeurs et les employés de maintenance de deux entreprises où des cas de MM avaient été observés.

Le Registre du Mésothéliome de Brescia a permis d’identifier et de réunir 10 cas de MM avec un passé professionnel dans la confection : 6 utilisant des machines à coudre et 4 étaient des tailleurs indépendants. La recherche de matériaux amiantés a été positive car l’utilisation de matériaux de friction a été largement répandue à partir des années 1950 dans tous les types de machines à coudre ; qui plus est des matériaux amiantés ont été utilisés pour isoler certaines pièces de l’équipement de repassage et des tuyaux de vapeur.

En conclusion, les résultats de cette étude suggèrent de pouvoir classer au moins comme « exposition possible à l’amiante » les cas employés dans l’industrie de la confection de vêtements à partir des années 1950, qui utilisaient des machines à coudre ou des presses à repasser, selon les règles du RIM. D’autres expositions professionnelles possibles à l’amiante dans ce secteur d’activité ne peuvent pas être exclues ; quand le simple interrogatoire des patients ne révèle pas de telles expositions, des investigations ultérieures sont nécessaires pour démontrer toutes les circonstances possibles d’exposition.

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(publié le 3 février 2009)