Mesure de l’exposition par voie aérienne lors de l’épandage d’un insecticide organophosphoré en agriculture

J-M Thibaudier, J-M. Freulet Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2010, vol.71, n°2, pp.167-470. Bibliographie
L’objectif de ce travail était de vérifier s’il existait un risque de contamination directe lors de la phase d’épandage d’un insecticide organophosphoré pour le traitement de la vigne, hors incidents et interventions techniques. L’épandage a duré 1 heure et 41 minutes, incluant deux incidents de bouchage de buse n’excédant pas cinq minutes en tout. Des pompes ont été fixées à l’opérateur et révèlent que l’opérateur a été exposé par voie aérienne à des taux comparables de chlorpyriphos-éthyl et de xylènes. Mais ces résultats n’ont pas la même signification. Pendant l’épandage, l’opérateur au reçu 4,73 fois la valeur de la VME du chlorpyriphos-éthyl, ce qui est considérable, mais "seulement" 0, 004 fois la valeur de la VME des xylènes. On peut s’inquiéter de l’exposition probablement encore plus importante lors de la préparation de la bouillie (qui n’a pu être réalisée pour des raisons techniques) quand on voit que l’exposition aux xylènes est quatre fois supérieure lors de cette préparation, à ce qu’elle est lors de la phase d’épandage.
Il serait intéressant de répéter les mesures avec des matériels d’épandage utilisant des techniques différentes ou équipés de buses générant des gouttelettes plus grosses et donc moins soumises à la dérive.
Cette étude confirme la nécessité de port d’équipements de protection respiratoire par l’opérateur lors de l’épandage de produits contenant des matières volatiles ou des solvants.
(publié le 31 août 2010)