Produits chimiques
L’évaluation du risque sanitaire des salariés

C. Barat, P. Roux Préventique Sécurité, 2009,n°107, p.32-37
Pour l’employeur, l’évaluation des risques répond à un triple enjeu : économique, social, et juridique.
La véritable raison d’être de toute la démarche est l’identification des situations à risque, afin de mettre en place des mesures correctives et préventives.
Les étapes clés de l’évaluation simplifiée sont l’inventaire des agents chimiques et de leurs dangers, l’analyse des conditions de mise en œuvre des agents chimiques aux postes de travail et donc des possibilités d’exposition, et l’évaluation du risque par cotation, visant à hiérarchiser les actions à mener.
La démarche doit tenir compte de la notion de toxicité aiguë et de toxicité chronique.
Différentes méthodes d’évaluation des risques professionnels ont déjà été proposées ; les plus diffusées sont celles de l’INRS (Institut National de Recherche et de sécurité), de l’UIC (Union des Industries Chimiques), de la CRAM (Caisse Régionale d’Assurance Maladie) de Bourgogne -méthode OPERA- et de la CRAM d’Ile-de-France.
Une méthode plus récemment publiée par deux équipes de médecine et santé au travail de Grenoble est bien adaptée aux situations rencontrées dans les laboratoires hospitaliers (méthode "hôpitaux"). Elle s’articule ainsi : inventaire des agents utilisés et de leurs dangers, analyse des conditions de mise en œuvre des agents chimiques aux postes de travail, cotation et hiérarchisation des risques.
Quelle que soit la méthode utilisée, la cotation du risque fait intervenir trois paramètres : l’indice de danger (ID), l’indice d’exposition (IE) et l’indice de protection (IP).
Est ensuite calculé un indice de risque selon la formule : IR = ID X IE X IP. Il reste à interpréter les indices de risque. Ceux-ci sont compris entre 0,001 (risque minimal) et 1000 (risque maximal).
Il convient alors de proposer des règles de prévention, à la fois techniques et organisationnelles.
La prévention du risque chimique pour les salariés devrait s’améliorer en raison de l’entrée en vigueur du règlement REACH (Registration, Evaluation and Autorisation of Chemicals) dont l’objectif est de permettre une meilleure connaissance des risques et une meilleure information à travers des fiches de données de sécurité plus précises.
(publié le 19 février 2010)