Qualité de l’air dans les parcs de stationnement couverts :
quels risques pour la santé des travailleurs exposés ?

M. Redaelli Le Concours médical, 2011, vol.133, n°4, pp. 310-311
En 2007, une première expertise de l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail) concluait que "les risques sanitaires ne peuvent être considérés comme négligeables pour les usagers et surtout pour les professionnels des parcs de stationnement couverts", en lien avec les concentrations de polluants chimiques mesurées dans l’air.
Les concentrations de NO2 mesurées dans 17 parcs souterrains sont 1,5 à 2,3 supérieures à celles mesurées à l’extérieur, en bordure d’un axe routier, 7 à 15 fois supérieures pour le benzène et plus de 6 à 8 fois supérieures pour le CO. Dans les locaux où travaille le personnel d’exploitation, la concentration est inférieure mais reste supérieure à celle mesurée à l’extérieur en bordure d’un axe routier.
Parmi les polluants documentés, les neuf qui apparaissent comme les plus préoccupants sont CO, NO2, benzène, formaldéhyde, acétaldéhyde, benzo(a)pyrène, xylènes, naphtalène et particules (PM10).
Les risques liés aux expositions aiguës sont dus en particulier au CO (effets critiques liés à l’hypoxie) et au NO2 (effet critique : augmentation de la réactivité bronchique chez les asthmatiques).
Les risques liés aux expositions chroniques sont dus principalement au benzène et au NO2 et dans une moindre mesure aux PM10 et au formaldéhyde.
Des activités annexes liées à l’automobile (lavage, location de véhicules) étant autorisées dans les parcs, du personnel est exposé au quotidien et de manière continue sur la journée.
Pour les exploitants du parc, l’exposition est fonction de l’isolement du local de travail et du temps passé dans ce local. Lors des activités de maintenance, l’exposition est variable car intermittente.
Au total, les risques liés à la pollution atmosphérique dans les parcs couverts sont difficiles à évaluer avec précision en raison du nombre de polluants émis par les véhicules, de la connaissance imparfaite de leurs concentrations atmosphériques dans ces ouvrages et des effets de certains d’entre eux.
En 2010, l’Anses (anciennement Afsset) a émis des recommandations visant à améliorer et évaluer la qualité de l’air dans les parcs, à ne pas autoriser des activités non indispensables qui impliqueraient des travailleurs évoluant dans des espaces n’offrant pas une qualité d’air suffisante, à réduire l’exposition des travailleurs, à réviser en priorité les valeurs limites d’exposition professionnelle des principaux polluants et à renforcer le suivi et l’encadrement des activités professionnelles dans les parcs de stationnement couverts.
(publié le 29 juillet 2011)