Repérage des salariés potentiellement exposés aux nanoparticules

F. Jacquet Références en Santé au Travail, 2012, n°132, pp.33-38. Bibliographie
Une enquête par questionnaire a été initiée par le groupe toxicologie du département Action scientifique en milieu de travail (ASMT) du centre inter-services de santé et de médecine du travail en entreprise (CISME) afin de repérer les salariés potentiellement exposés aux nanoparticules.
Une nanoparticule est un matériau dont un, deux ou trois dimensions sont à la nano-échelle (1 nm à 100 nm).
C’est ainsi que 5 545 médecins du travail et 500 intervenants en prévention des risques professionnels ont été informés de cette enquête, travaillant au sein de 270 services de santé au travail interentreprises (SSTI) adhérents au CISME.
Deux ans plus tard, seuls 57 questionnaires ont été renvoyés (concernant 7 SSTI, 18 médecins, 2 IPRP). 17 entreprises ont été recensées, 27 postes identifiés concernant 167 salariés potentiellement exposés. La durée d’exposition journalière est renseignée pour 77,7% des postes ; elle varie de 1 minute à 480 minutes (moyenne 60 minutes).
8 nano-objets ont été identifiés ; les plus fréquemment utilisés étant le dioxyde de titane (26%), le noir de carbone (21%), l’oxyde de silicium (19%). Deux tiers des nanoparticules sont sous forme de poudre, 21% de suspension liquide (dont gel) et 12% sous forme solide ou d’agglomérats.
En termes de prévention, les équipements de protection collective existent dans deux entreprises sur trois. Le port des gants est systématique et les masques de protection ne sont utilisés qu’à 37% des postes. La formation et l’information des salariés sur les risques paraît insuffisante (item renseigné pour quatre entreprises seulement).
Il ressort de cette étude que le repérage des nano-objets est difficile et nécessite des personnels spécifiquement formés dans les SST. De nombreux secteurs d’activité utilisant des nanoparticules sont encore méconnus. Les fiches de données de sécurité sont à ce jour mal renseignées.
Des formations spécifiques méritent d’être mises en place et la prévention notamment collective doit être renforcée.
(publié le 11 mars 2013)