Risques biologiques et biodépollution des sols

C. David Hygiène et Sécurité du travail, 2013, n°230, pp.11-16.Bibliographie

Le traitement des terres polluées se fait majoritairement à l’aide de techniques biologiques qui s’appliquent préférentiellement hors site, dans les installations spécialisées recevant des terres de plusieurs origines. Un biotertre est formé après homogénéisation des terres et ajout d’éléments nutritifs et structurants.
De l’oxygène est apporté dans ce biotertre par des canalisations perforées et l’humidité par des rampes d’aspersion.
Des micro-organismes sont parfois ajoutés afin d’augmenter la vitesse de dégradation.
Lorsque la pollution n’est pas trop importante et qu’il existe une surface suffisante permettant l’installation d’une unité de traitement, la dépollution se fait sur site. Les sols sont excavés et mis en tertres. Le traitement est le même que celui effectué hors site.
Une troisième technique est possible : le traitement biologique in situ, ou bioventing qui consiste à traiter la terre sans l’excaver, en apportant de l’oxygène qui favorise la croissance des micro-organismes dégradant le polluant. Cela suppose l’installation d’un système de ventilation qui insuffle de l’air dans la zone polluée et extrait l’air depuis la zone non polluée du sol.

Les risques spécifiques à ces activités sont liés aux dangers

  • des micro-organismes qui se trouvent naturellement dans le sol et qui sont stimulés pour dégrader les polluants (il est quasi impossible de les identifier en totalité),
  • des bactéries connues cultivées afin d’ensemencer les sols pollués (le plus souvent des germes opportunistes qui n’entraînent des pathologies que chez les personnes immunodéprimées ou affaiblies),
  • des fragments de bactéries pouvant provoquer des pathologies respiratoires allergiques.

La contamination se fait par contact de la peau lésée avec les terres, par ingestion (par mains sales ou objets souillés portés à la bouche), par projection sur les muqueuses ou par inhalation d’aérosols de particules ou de gouttelettes.

Cette évaluation de premier niveau permet de proposer des mesures de prévention collective sur les chantiers, à savoir :

  • confinement des opérations générant des aérosols, dans des locaux fermés équipés d’une ventilation générale rejetant l’air à l’extérieur après traitement, ou mieux capotage ;
  • cabine des engins excavant les terres en surpression et munies d’un caisson de filtration de l’air entrant.

Si la prévention collective est insuffisante, il faut prévoir des équipements individuels de protection

  • gants étanches et résistants aux coupures,
  • lunettes-masques pour se protéger des projections,
  • demi-masques jetables FFP2 en présence d’aérosols, voire appareils de protection respiratoire à ventilation assistée,
  • mesures d’hygiène individuelles (lavage des mains avec eau et savon avant de boire, fumer ou manger, couvrir les blessures même minimes),
  • vaccination antitétanique.
(publié le 17 juillet 2013)