Sauvetage-secourisme du travail : repères à l’usage du médecin du travail

P. Hache, R. Dulieu, D. Deluz, P. Cassan, A. D’Escatha, S. Goddet Références en Santé au Travail, 2012, n°130, pp.87-99. Bibliogrpahie.

L’activité de sauveteur-secouriste du travail expose à des risques infectieux :

  • accidents d’exposition au sang (AES) avec risque de transmission des virus des hépatites B et C et du virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Si la projection de sang est le type d’AES le plus fréquent chez le sauveteur secouriste du travail (SST), une seule séroconversion VIH a été rapportée en plus de 20 ans, mais survenue chez un secouriste n’ayant pas consulté après l’AES.
  • agents biologiques transmis par voie salivaire ou respiratoire à la faveur de la pratique du bouche-à-bouche mais aussi lors de l’apprentissage de la réanimation si les mesures de protection ne sont pas bien appliquées relativement à l’usage du mannequin.
    Les mesures de prévention doivent être rappelées : lavage des mains avant et après l’intervention, port de gants, écrans faciaux, recours à un insufflateur manuel, vaccination conte l’hépatite B.

L’activité expose aussi à des risques de traumatisme psychique.
Dans les suites immédiates, il faut pouvoir évoquer l’intervention avec le SST (il faut néanmoins respecter son souhait de se taire) ; parfois le secouriste a besoin d’une prise en charge psychologique.

Cet article rappelle les techniques à utiliser lors de situations d’urgence.

  • En cas d’arrêt cardio-respiratoire, la fréquence des compressions thoraciques sera de 100 à 120 par minute, quel que soit l’âge de la victime et l’enfoncement de la cage thoracique sera de 5 à 6 cm chez l’adulte.
    S’il n’est pas indispensable d’effectuer dans l’immédiat la respiration artificielle, il conviendra de débuter rapidement après l’arrêt cardiaque, les compressions thoraciques avant l’arrivée du défibrillateur. L’utilisation d’un défibrillateur en milieu humide ou métallique expose plus à une perte d’efficacité du choc électrique qu’à un véritable risque pour le sauveteur.
  • En ce qui concerne les brûlures, la gravité repose sur la profondeur, la superficie, la localisation de l’agent causal, les antécédents du patient et les lésions associées.
    Le pronostic peut être estimé à partir de l’unité de brûlure standard, UBS qui se calcule ainsi : % de surface brûlée + 3 X surface brûlée au 3e degré. Si inférieur à 50 : accident bénin, si compris entre 50 et 150 : accident grave, si supérieur à 150 :accident très grave.
    On peut aussi utiliser la règle de Baux qui correspond à % de surface brûlée + âge du patient. Tout résultat supérieur à 95 correspond à une mortalité de 50%.
  • L’hyperthermie doit être prise en charge rapidement. Le coup de chaleur correspond à une température centrale supérieure à 40°C et peut entraîner une défaillance irréversible de l’organisme. Il se caractérise par sécheresse et chaleur cutanée, arrêt de la sudation, malaise avec maux de tête, confusion, perte de connaissance. La victime doit être retirée de son environnement hostile, refroidie et hydratée.
  • Une morsure de chien nécessite des soins locaux immédiats et le recueil des éléments permettant d’identifier le propriétaire. Une consultation vers un centre antirabique est indispensable s’il s’agit d’un animal errant.
  • En cas de morsure de serpent, (qui n’est pas synonyme d’envenimation), le secouriste rassurera la victime et l’allongera. Il fera enlever tout élément susceptible d’être source de garrot. Il refroidira la zone de morsure et immobilisera le membre atteint pour lutter contre la douleur en attendant l’arrivée des secours médicalisés.
  • Une piqûre d’hyménoptère fait courir le risque de choc anaphylactique.
    Enlever le dard rapidement ; ôter bagues et bracelets si nécessaire, désinfecter la plaie et poser une poche de froid. Si la situation se dégrade, appeler les secours extérieurs.

Il est également proposé dans cet article la composition d’une trousse de secours qui tiendra compte des risques de l’entreprise, et de la compétence de la personne qui aura à l’utiliser.

(publié le 18 octobre 2012)