Virus de l’hépatite E :
un nouveau risque viral à prendre en compte dans les établissements de santé ?

M. Metais, N. Kamar, J. Izopet, S. Malavaud Hygiènes, 2009, vol.17, n°6, p.453-456. Bibliographie

La fréquence du diagnostic de l’hépatite E s’est accrue dans les pays industrialisés au cours des dernières années et l’hépatite E serait plus fréquente que l’hépatite A en Angleterre, en France et au Japon. Il convient donc d’y penser devant tout contexte épidémique même en l’absence d’un retour de zone d’endémie.
La transmission est zoonotique par ingestion d’eau ou d’aliments contaminés mais des transmissions associées aux soins ont été décrites. Même si la transmission intra-familiale est rare dans un contexte d’hépatite E épidémique, la plus grande prudence doit être observée lorsqu’il s’agit de populations immunodéprimées, notamment chez les sujets transplantés.
Les manifestations cliniques sont celles d’une hépatite virale aiguë typique mais néanmoins, les formes asymptomatiques représentent la moitié des cas. Chez la femme enceinte, des formes graves (hépatites fulminantes) sont fréquentes au troisième trimestre de la grossesse.
Le virus résiste à 56°C pendant une heure et peut persister plusieurs semaines dans l’environnement et sur des surfaces.
Le diagnostic étiologique fait appel à la sérologie IgM et à la détection de l’ARN viral dans le sérum et dans les selles.
La prévention repose sur :

  • la lutte contre la transmission oro-fécale,
  • les bonnes pratiques de sécurité transfusionnelle,
  • le respect des règles de sécurité lors des soins,
  • la mise en œuvre des précautions complémentaires contact (désinfection des mains du personnel, du patient et des visiteurs, port de gants et protection de la tenue, voire isolement du malade si le secteur prend en charge des immunodéprimés),
  • le conseil aux sujets transplantés, aux patients immunodéprimés ou atteints d’hépatopathies chroniques, d’éviter la manipulation et la consommation de gibier et de viandes crues et donc de ne consommer que des viandes très bien cuites, le porc en particulier.

Un vaccin est en cours de développement ; il pourrait être proposé en complément de ceux vis-à-vis des hépatites A et B, aux patients atteints d’hépatopathies chroniques, ainsi qu’à ceux bénéficiant d’une transplantation d’organe, avant ou après le geste chirurgical.

(publié le 17 mars 2010)