Agir face aux salariés dangereux

M. Darmon Face au Risque, 2020, n°560, pp. 20-21

Face à un salarié ne respectant pas les mesures de sécurité, l’attitude de l’employeur sera de lui rappeler les consignes et de s’assurer qu’il a bien eu connaissance de ces dites consignes, c’est à dire qu’il a bien reçu la formation et les équipements de protection adaptés. Il s’assurera aussi que le salarié n’est pas en surcharge de travail importante, ce qui pourrait expliquer son comportement.
De même l’employeur ne se montrera pas trop indulgent dans certaines situations à risque, sous peine de voir la même attitude se reproduire.

Une fois tous ces préalables vérifiés et corrigés, le salarié imprudent risque la sanction. La jurisprudence est riche de situations de licenciements de salariés au titre de la faute grave (si elle a été engagée dans un délai de deux mois maximum à compter du jour où l’employeur a connaissance des faits), ou de l’insuffisance professionnelle (manipulation à risque sans consigne d’intervention et sans se préoccuper des conséquences).

Des exemples sont rapportés :

  • licenciement d’un pompier d’aéroport chargé de surveiller la piste et retrouvé endormi dans son camion qu’il avait lui-même aménagé pour faire la sieste
  • assoupissement d’un agent de sécurité chargé de la surveillance de nuit d’un site industriel
  • état d’ébriété de salariés affectés à la surveillance d’un site sidérurgique classé Séveso
  • réunion de fumeurs à proximité d’un entrepôt de produits inflammables, dûment identifié.

L’employeur doit veiller à la cohérence des sanctions qu’il prononce. Mais gare à l’accident du travail qui sera causé ou subi par un salarié qui s’affranchit des règles de sécurité au travail !

(publié le 16 avril 2020)