Chariot et transpalette en logistique : comparaison d’outils pour évaluer l’exposition journalière aux vibrations corps entier A (8) des caristes, concordance des résultats avec des mesurages terrain

M. Le Bras, R. Petitfour, L. Termine, W. Dab Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 2017, vol.78, N°6, pp.505-515. Bibliographie

Afin de réaliser une évaluation fiable de l’exposition journalière aux vibrations corps entier sans mesure métrologique, l’ACMS propose d’établir une méthodologie.
Les mesures de terrain réalisées par l’ACMS (service de santé au travail de la région Île-de-France) de 2009 à 2014, toutes réalisées conformément aux normes AFNOR ont servi de paramètres dans trois outils : un formulaire de l’INRS permettant d’estimer une exposition aux vibrations, le calculateur " whole body vibration calculator" et un outil simplifié d’évaluation du risque vibratoire (OSEV) réalisé par la CARSAT Midi-Pyrénées.
Ces trois outils ont été utilisés pour apprécier leur capacité à différencier les travailleurs exposés au-delà de la valeur d’exposition journalière déclenchant l’action de prévention, les travailleurs exposés au-delà de la valeur limite d’exposition journalière et les travailleurs exposés en dessous de cette valeur limite.
Les valeurs d’exposition vibratoire quotidienne sur 8 heures A(8) ont été confrontées à celles issues des outils. "L’ interprétation probabiliste pour comparer les résultats des outils et des études ACMS terrain est fondée sur la valeur prédictive (sensibilité et spécificité) et l’étude de la concordance entre deux méthodes par approche graphique".
Il en ressort que les trois outils évalués ont tendance à surestimer l’exposition journalière par rapport aux études de terrain. S’ils permettent de distinguer clairement les travailleurs peu exposés (sensibilité 100%), ils ne permettent pas de juger de manière sûre du dépassement de la valeur d’action (spécificités faibles).

Dans la mesure où ces trois outils permettent de préciser s’il y a présomption de dépassement de la valeur déclenchant l’action de prévention et s’il y a dépassement de la valeur limite d’exposition, les auteurs en concluent qu’ils peuvent être utilisés comme première approche du risque vibratoire mais la mesure de terrain reste pour l’instant la plus pertinente en attendant les progrès dans ces outils d’estimation.

(publié le 7 février 2018)