Chirurgie endovasculaire : évaluation de l’exposition radiologique et proposition d’axes d’amélioration

A. Pégorié, J-c. Amabile, M. Dondey, G. Boddaert, A. De Carbonnières, A. Bauss, C. Pierret, F. Entime, X. Michel, T. Erauso, G. Gagna Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2018, vol.79, n°1, pp.34-45. Références
Afin d’estimer les doses reçues par les équipes opératoires lors des actes de chirurgie vasculaire interventionnelle, une étude a été réalisée au bloc opératoire et concernait 20 interventions réalisées sur deux sites.
Chaque opérateur, chirurgien, interne et externe a été équipé de plusieurs dosimètres afin d’évaluer la dose efficace et les doses équivalentes aux extrémités et au cristallin.
La lecture des dosimètres a été effectuée en cumulant les doses reçues au cours des procédures sur les deux hôpitaux.
Les résultats sont concordants compte tenu du positionnement des intervenants dans la salle du bloc opératoire. La dose efficace reçue au corps entier est plus importante chez le chirurgien, placé le plus souvent face au tube de rayon X ou à sa gauche, que chez l’interne, plus éloigné de la source d’émission. Ces résultats sont similaires pour les doses équivalentes aux mains et aux tempes (dose plus importante pour le chirurgien). La dose la plus élevée est notée au niveau de la main non dominante (gauche dans cette étude car tous les chirurgiens étaient droitiers) placée au plus près de la source de rayon X.
Les doses reçues ne sont pas négligeables, la dose au corps entier mesurée chez les chirurgiens est de 2,52 mSv au dessus du tablier plombé et nulle en dessous. La dose équivalente aux extrémités était de 6,04 mSv à la main gauche contre 2,35 mSv à la main dominante. Des doses plus faibles sont retrouvées pour l’interne (1,41 mSv pour la main gauche et 0,64 mSv pour la main droite).
La dose maximale enregistrée au cristallin est de 0,96 mSv pour une tempe et 0,64 mSv pour l’autre tempe (respectivement 0,58 mSv et 0,38 mSv pour l’interne).
Ces résultats reflètent les pratiques couramment observées en bloc opératoire (positionnement des mains dans le champ des faisceaux de RX). S’y ajoutent les contraintes organisationnelles qui ne facilitent pas l’intégration de la radioprotection de manière automatique.
Il faut s’attacher à éviter les erreurs de manipulation ou de positionnement, à réduire le nombre de clichés et à optimiser les doses délivrées, à équiper les salles opératoires dédiées d’équipements de protection collective (écran plombé mobile, bas volet de table chirurgicale...), à améliorer la gestion des équipements de protection individuelle et à rappeler l’utilité des cache-thyroïdes et des lunettes plombées.
(publié le 20 avril 2018)